Terre (maintes fois) promise

Je ferme les yeux. Ce sac à dos taillade mes épaules. S’y habituer prendra du temps. Il fait chaud et ça pue. Les Parisiens, collés autour de moi sont plus gênés par ce barda. Que voient-ils? Un étudiant qui rentre chez lui? S’en va? Un voyageur qui revient, fuit? Un déménagement en métro? Un emmerdeur surtout. Mes yeux fermés ne les voient pas regarder mon sourire impatient.

Je rouvre les yeux. Je suis en Equateur, secoué entre Taita et Mama, dans un bus lui aussi bondé. Il fait chaud et mon nez a rendu l’âme. Ça doit sentir fort, peut-être. Debout au fond je souris à tout le monde. À ce bébé qui ne sait rien mais me regarde comme un étranger, comme quelque chose de différent ; à ces enfants qui jouent à s’épier entre deux sièges et éclatent de rire ; à ces visages tannés par le soleil et l’usure. Eux me rendent ce sourire. Reste 20 à 30 km à faire je ne sais plus. Mon nez coule encore. Il fait chaud et, comme d’habitude je suis enrhumé.

Je suis en Equateur et des montagnes défilent. Les routes défoncées sillonnent le pays, comme les veines d’un corps amaigri. À chaque montée, le bus me semble mourir un peu plus. À chaque montée un nouveau paysage, niché dans une nouvelle vallée, caché dans une crevasse. Je suis en Equateur et ce pays est ridé, dénivelé de partout, creusé comme le visage d’un de ces vieux Otavaleños.

Olivia ne dort pas

Les rides de l'Equateur

Je réalise enfin où nous sommes.

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8 commentaires pour Terre (maintes fois) promise

  1. La dragonne dit :

    c’est bon de lire ça ce matin, je ferme les yeux…
    (…)
    je vois St Malo, je vous vois sur le pas de la porte, je vois des yeux qui brillent, je vois des sourires, je vois vos tronches sur l’iphone du dragon (mouarf), je vous vois sur le canapé chez Max et j’entends des boâtes.
    (…)
    je retourne à mes collègues (bof)
    des bisous

    • Ha ma Chantal… lorsque je ferme les yeux, je devine d’autres terres promises, et j’ai hâte de voir vos sourires aux alentours du 20 août. ça va être grandiose de vous retrouver par ici. C’est si beau… vous verrez…
      Je vous embrasse, Olivia vous embrasse, Schaboule, schaboîte.
      Graoux.

  2. Mel dit :

    Beaucoup de rêves qui se réalisent. Je suis heureuse pour toi. Alors moi aussi je souris. Merci.

    • Beaucoup de rêves qui se réalisent? Hormis les nôtres ici ? Tas de l’info croustillante cocotte? Des news!
      et sinon, vient sourire avec nous par ici, la bière est un peu fadasse mais ya de quoi en prendre plein les yeux !
      ON t’embrasse !

  3. fred dit :

    T’as gagné, j’ai la banane!

    • Yeah ! Cool. Content ! Surtout qu’en ce moment, côté actu en France, c’est pas la joie je vois ça. Embrasse tes loulous, du plus grand aux plus petits. Et, même si c’est loin, vous pouvez viendre aussi hein ! Des baisers dans vos montagnes, celles d’ici son pas mal du tout. On se prépare pour de belles escursions à plus de 5000…. brrr, enfin si on arrive à respirer là haut….
      Graoux!

  4. S. dit :

    Vous lire dans le métro le matin… 40 degrés a minima… Fermer les yeux… Vous rejoindre un instant… Boâter… Clic, clic, ouvrez les paupières :-) Bises mes félins

  5. Héhéhéhé, nous sommes ravis d’apporter un peu de couleur à cette grisaille métronale. Il y a du beau ici. C’est un plaisir de vous en offrir des bouts. La bize chez vous!

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