Road Book n°11

Samedi 4 septembre au soir : Viande argentine, whisky, caipi, pisco sour, une dernière soirée avec Totito dans un bar étrange, moteur d’avion et bar chromé. Tour à tour, la vie ici et la vie en France. Pas longtemps, Sarkozy s’invite à notre table. Brrrr… Puis des rires et cette prédiction. L’un de nous cinq sera célèbre dans les quatre ans ! Révisions en espagnol improbables avant de se coucher.

Dimanche 5 septembre : Lever neuf heures. Petit déjeuner à l’Alexander, notre autre QG. On est tous un peu tristes à l’idée de quitter Totito et la casita des wawas. Surtout les Dragons… On se console comme on peut avec des pancakes au miel. Dernier au revoir au terminal de bus. Direction Oruro. Superbe ville poubelle… Manque de chance, c’est la journée piéton (!) donc pas de taxi. On enfile les sacs à dos direction la gare où nous attend le train pour Tupiza.

Oruro, sa gare...

Devant la gare, une cholita endormie refusera de nous vendre de la pansacalla (pop corn local) à nous les « gringos »…

Une belle bande de gringos

Vers 19 heures le train démarre. Chouette, deux vidéos au programme, que des daubes : le Lancelot de Richard Gere et un obscur Chevaliers à vocation humoristique. On s’endort vite… pour être réveillés par des cris. Aux fenêtres du train à l’arrêt, des femmes s’agitent pour vendre leur « Quesooooo Quesooooo Quesoquesoqueso ! » au milieu de nulle part. Typique.

Lundi 6 septembre : Tupiza.

Tupiza, ambiance western

Ambiance western ici. Normal c’est non loin de là que Butsh Kassidy et le Sundance Kid ont dérobé la paye des mineurs du coin…. On s’installe à l’annexe de l’Hôtel Mitru (80 bolos la double en baño compartido, infâme petit déj inclus), plutôt bien tenu. Un petit déjeuner, une douche et nous voilà partis dans un canyon tout proche goûter un peu à l’ambiance far-west. On attend impatiemment de voir les Indiens débarquer.

Les Indiens ou Rantanplan...

Le soir, repas dans un resto bien nommé : El Alamo. Aux murs, des portraits de star de cinéma. Un quiz s’impose. Chantal sèche, et nous avec, sur la photo d’Ingrid Bergman.

Chantal sèche, et ça l'énerve

D’autres photos du train et de Tupiza : ici.

Mardi 7 septembre : Tant qu’à être dans ce décor de western, autant y ajouter les montures. Cinq heures de cheval au menu. Nos destriers : Talya pour Olivia, Pinta pour Patrick, Alezana pour Chantal et Tabacco, le leader, pour moi. Il aime aussi la bière me dit notre guide du jour. Je suis fait pour m’entendre avec ce nouveau canasson.

En route pour attaquer la diligence

Cinq heures et quelques galops plus tard, mon corps présente moins de souffrances que la dernière fois. Pas celui du Dragon qui finit la journée lessivé.

D’autres photos de Tupiza à cheval : ici.

Le soir, retour à L’Alamo. Puis, nous jouons, ensuite, le remake de Fort Alamo à l’hôtel. La bataille du linge on l’appellera. Et pour cause : il manque la moitié de nos affaires déposées à la lingerie la veille. Nous finirons par lever le siège en déplorant la perte d’un tee shirt technique d’Olivia, mais sans payer la note de l’hôtel… Et on perd quand même de l’argent…

Mercredi 8 septembre : Grand départ et première étape dans le Sud Lipez (Agence Tupiza Tours). Le 4×4 est bien tenu, Anisetta, la cuisinière et Carlos notre chauffeur ne sont pas de grands bavards, mais l’essentiel est dehors. Dragon traine une crève, Olivia en commence une. Les paysages sont à couper le souffle.

Le Sud Lipez se dévoile

Passages de cols. Cactus et lamas, Haut plateaux et villages perdus dans l’altiplano. Les briques rouges égaient des terre arides. Une ville abandonnée pour cause de malédictions… Et une première nuit dans le froid…

Jeudi 9 septembre : Deuxième étape et première ascension…en 4X4. Au mirador de l’Uturuncu, de la neige et un splendide 360°.

La vallée à nos pieds

Le souffle est court, encore, mais s’explique aussi par l’altitude (5400 mètres). Le vent est notre seul voisin. Pas un 4X4 ne nous suit. C’est une chance. Puis le premier des lacs : la lagune céleste. La première course avec les flamands roses. Une partie de ricochets improbable et ma victoire qui l’est moins, par huit ricochets…

Ricochet de flamands roses

Entre chaque étape la Jeep-jeep ainsi renommée par La Chantal invite aux rêveries. Beaucoup de siestes et de lectures aussi. Seul bémol, et il est de taille : la musique locale incessante balancée par la compil’ de notre guide et chauffeur, entre vieux classiques boliviens (passe encore) et dance synthétisée. Il est temps de s’attaquer au problème. Le soir tandis qu’entre deux belotes, des gamins veulent nous vendre des chants locaux (sans succès…), je sors l’artillerie lourde : mon disque dur et ces 30 gigas de musique.

D’autre photos du Sud Lipez : ici.

Vendredi 10 septembre : Enfin de la bonne musique… la nôtre.. Profitez de ces grands espaces avec Nina Simone, Arcade Fire, Radiohead, Les Doors, Sigur Ros et autres, ça a tout de suite une autre gueule. N’oublions pas, Desireless pour le coté colonie de vacances… (Merci qui..)

De la musique et les sourires affluent

Des lagunas encore, mais pas les mêmes, un paysage plus aride annonce le Salar à venir…

Et si les couleurs sont bien réelles : L'eau a bien cette teinte, et la veste de Chantal aussi

Le désert de Dali, une baignade dans les sources chaudes au milieu d’autres voyageurs le midi.

Baignade dans les sources chaudes

Des vigognes se trémoussant sur notre passage ensuite, le cul des lamas dansant la gigue.

Une vigogne dans l'altiplano

Et la fameuse laguna Colorada tachetée du rose flamand.

Lama, laguna y volcan

Le soir venu, initiation au rami. Au coucher, les Dragons inventent le couche sur couche pour résister au froid. Patrick squatte toujours les toilettes mais va mieux. Olivia « tambien ». RAS pour Chantal et moi décidément les plus résistants….

Samedi 11 septembre : Des arbres de pierre sur un bleu du ciel toujours aussi intense.

Arbre de pierre dans le désert

La laguna Hedionda et ses flamands quasi domestiqués (comprendre qu’ils ne s’enfuient pas à notre approche.)

La lagune et ses flamands...

Repas du midi en compagnie de lapins sauvages, des viscachas. Sous le regard du volcan Ollague nous découvrons le petit Salar, celui de chiguana. Et inaugurons notre première douche du périple dans un hôtel de sel situé aux portes du Salar, le vrai.

Dans l'hôtel de sel

D’autres photos de la vallée des Joyaux : ici.

Dimanche 12 septembre : Le Salar d’Uyuni. En compagnie d’autres 4X4, nous traversons le désert dans le noir. Le soleil se lève dans un froid mordant.

Salar, Sun, Sable

Du rose, du bleu, du noir, et le blanc du sel. Le désert en mosaïque se révèle. On reste un moment à écouter le silence se dénouer. Photos irréelles et départ en trombe.

Les 4 Fantastiques...

L’île du pêcheur. L’île aux cactus en fait, certains de plus de neuf mètres, et tout autour le blanc du désert contrarié seulement par les trajectoires de véhicules.

L'île aux cactus, l'horizon et les trajectoires des 4x4

Le petit déj’ devant tout ce sel. « Voyage voyage » repris en chœur au milieu du Sacré. Puis une famille de momies au fond de leur grotte trahie par leur culte du soleil. Sur les pentes du volcan Tunupa, le spectacle encore du Salar devant nous.

L'âne et le Salar

De la route. Un faux musée attrape touriste et des perspectives tronquées pour de belles photos.

Une...

Deux....

Trois... on saute

Nous quittons le salar par les mines de sel.

Uyuni.

Uyuni, en attendant le bus

Un au-revoir à notre chauffeur et à sa cuisinière. Un tournoi de rami pour patienter jusqu’au soir. Et le pire après le beau : Bus pourri. Une halte à Potosi à deux heures du matin, des chauffeurs idiots, pour rester poli. De l’attente. Un réveil une heure plus tard et un autre bus, cette fois pour Sucre.

D’autres photos du Salar d’Uyuni : ici.

Lundi 13 septembre : Nous arrivons vers six heures et goutons enfin une douche méritée à l’hospedaje La Dolce Vita, la bien nommée (130 bolos la double). Sucre donc ! Après les siestes et douches de rigueur, nous partons à la découverte de la Cité blanche. La cathédrale, le marché… L’apéro devant le couvent avec vue sur les hauteurs….

Rue de Sucre

Mardi 14 septembre : Sucre bis.

Sucre by night

Mêmes joueurs jouent encore. Le musée des arts indigènes (exposition de tissages Jalq’a et Tarabuco), d’autres rues et la même douceur de vivre. Ça nous rappelle Cuenca, à Olivia et moi.

D’autres photos de Sucre : ici.

Un coup de skype, un joyeux anniversaire souhaité en chœur et en avance à des milliers de kilomètres.

Mercredi 15 et jeudi 16 septembre : Rando avec l’association Condor Trekkers, qui reverse les bénéfices aux communautés locales. À 8h30 nous sommes à l’agence comme prévue. À 9h30 nous décollons enfin avec notre guide Rogelio, Franz, un bénévole de l’agence et deux marcheurs : Monica une autrichienne et Yotam, un israélien qui, surprise, était avec nous lors de la croisière aux Galapagos ! Un combi (bus local) plus tard, nous nous retrouvons dans un quartier d’ouvriers d’où partent des camions remplis de locaux. On prend place tant bien que mal dans un de ces engins brinquebalant. Le trajet est épique.

ON n'est pas bien là? Pour une heure et demie sur des routes défoncées?

En plus de l’inconfort, nous devons faire face aux locaux pas forcement joyeux d’accueillir des gringos parmi eux. Pas simple de faire son trou assis sur le rebord du camion…

Deux heures plus tard, au point de départ de notre randonnée, à Chataquila, nous tomberons sur des gens autrement plus sympathiques. C’est la fête de la vierge en pierre du coin ! On nous ordonne de manger ce qu’on nous tend, riz et cochon grillé. On s’exécute avec plaisir.

Treize heures, nous partons enfin… Sept heures de marche au programme, dont les trois dernières dans le noir.

Elle est pas verte ma vallée?

Les montagnes environnantes sont d’anciens volcans ; la roche est un mélange de rouge et de blanc. On dirait « un gâteau marbré » tentera d’expliquer Chantal à notre guide.

Gâteau marbré

La dernière ascension, dans le noir, est la plus rude. Fourbus, nous arrivons enfin à Irupampa, au milieu du cratère de Maragua. Il est 21 heures. Une soupe, quelques blagues et au lit.

Le lendemain sera plus tranquille.

Un lendemain plus paisible...

Redescente dans la vallée, un léger faux plat, des ânes à n’en plus finir et vers 11 heures, nous voilà à Quila Quila à attendre à nouveau un de ces camions de voyageurs. Cette fois, il y a moins de monde, certaines peuvent s’asseoir, les autres passeront les trois heures suivantes debout, agglutinés.

D’autres photos de la rando au cratère de Maragua : ici.

Sucre ! Enfin. On a perdu le soldat Patrick, « aux pieds de Cendrillon » dixit son épouse. Nous repassons à la Dolce Vita prendre nos gros sacs à dos et déménageons au Wasi Masi (110 bolos la double avec baño privado), aussi bien mais avec wifi ! Une sieste, une douche et tout va mieux !

Vendredi 17 septembre : Les Dragons se battent avec AéroSur à propos d’un vol transatlantique annulé. Une broutille qui bouffe leur matinée. Nous en profitions pour buller sur la place principale, la plaza 25 de Mayo, à regarder la fourmilière s’activer…ou pas.

La Dolce Vita à Sucre

Après une mauvaise bouffe au Kultur café Berlin, nous repartons à l’hôtel. Session skype, discussions dans le jardin, lecture et… sieste. Pour se venger du mauvais repas du midi : dîner à La Taverne, le resto de l’alliance française. Au menu, langoustine et écrevisse en papillote, langue sauce piment et chocolat, filet de bœuf sauce roquefort, truite et un total Chateaubriand, le tout arrosé d’un vin rouge bolivien de la région de Tarija (Kholberg) assez fameux…

Samedi 18 septembre :

Sucre, dernière promenade

Dernière promenade dans la ville, rattrapage internet, skype et bullage en attendant notre bus du soir pour Cochabamba. On l’a réservé la veille pour être sûrs d’avoir les sièges qui s’inclinent bien, la vidéo qui marche, les toilettes à bord etc. On récolte la Flota Copacabana (60 bolos par pers) qui parait-il est très bien nous raconte la vendeuse. Le soir venu, nous embarquons dans un bus sans toilettes, aux sièges à moitié cassés et ne s’inclinant pas. La vidéo? Ben pas de télé non plus. Et l’odeur de genoux en prime… Nous maudissons la vendeuse et essayons de trouver le sommeil….

Dimanche 19 septembre : 4h40 on débarque ! Fatigués et de mauvais poil. Surtout moi. On trouve du réconfort dans le hall de la station en mangeant le dernier saucisson ramené de France par Les Dragons. Le réconfort tient autant au goût qu’aux cris de Patrick singeant les crieurs de la station : « Saucisson-cisson-cissoooon »! Je m’endors le ventre plein et deux heures plus tard, nous partons en quête d’un hôtel. Nous optons, par défaut pour le City Hôtel grande masse sans style faussement moderne et impersonnel (200 bolos la doucle, baño privado, petit déj’ inclus). La douche et la sieste s’imposent. Les Dragons filent à la recherche d’un hôtel ayant abrité la jeunesse de la famille maternelle de Patrick. Trouvé ! C’est désormais un salon d’évènement parfaitement entretenu. Mais on est dimanche et tout est fermé…

Après une visite à l’immense Christ qui surplombe la ville, la journée s’étirera de visite d’hôtel en visite d’hôtels pour trouver le lieu où fuir le City.

Le Christ haut perché

En fin de parcours nous tomberons sur l’hôtel L’Olga (300 bolos la chambre pour 4 avec balcon, immense télé et petit déj’), magnifiquement kitsh. Banco !

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2 commentaires pour Road Book n°11

  1. La Dragonne (de Santa Cruz) dit :

    Tres bon road book, complet, bien illustre… (pas d’accent sur le clavier local, sorry)
    Juste une precision, je n’ai pas seche sur Imgrid puisqu’apres une nuit de sommeil et une bonne salteña j’ai retrouve son nom ! Ce qui a eu l’avantage de faire demarrer la journee sous les meilleurs auspices…
    des baisers a 35°C
    les echamos de menos !

  2. Ping : Les plis de la terre | Aux Andes et cætera

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