Road Book n°12

Lundi 20 septembre : Cochabamba. Changement d’hôtel pour prendre nos quartier chez Olga, appartement avec balcon et télé géante. Ballade dans la ville, 3ème par la taille du pays (autour de 600 000 habitants). Cocha bénéficie d’un climat agréable mais ne brille pas par son charme. C’est une grande ville active et animée où l’on mange bien.


Cochabamba vue d'en haut

Mardi 21 septembre : Nous partons en minibus à une 50aine de kilomètres de Cochabamba pour flâner au marché de Punata. C’est paraît-il l’un des plus beaux de Bolivie, dans la région d’où proviennent la majorité des fruits et légumes du pays. Micro mésaventure « crevaison-du-minibus » avant d’arriver, mais contrairement à beaucoup de choses ici, le changement de roue aura été d’une rare efficacité !

Qui n'a pas son chapeau ??

Dans le bus pour Punata

Il y a différentes zones : le coin des vaches, taureaux, ânes, et autres chevaux, celui des piments, des pommes de terre, des matelas, des tissus, des offrandes à la Pachamama, des vêtements divers avec notamment des polleras (les 4 couches de jupes qui donnent leur aspect si particulier aux cholitas), la zone du bric-à-brac type piles, télécommandes, etc… et aussi celle des céréales et autres maïs soufflé (pansacalla).

Vendeuse d'offrandes

Nous prenons un almuerzo (déjeuner avec soupe puis plat principal dit segundo) dans une des petites gargotes du marché. Malgré nos difficultés de compréhension sur les choix possibles, la cuisinière nous réserve un accueil des plus chaleureux et nous renouvelle maintes fois son invitation à revenir. Nous goûtons la chicha locale (boisson à base de maïs fermenté) qui rappelle plutôt le goût d’un cidre un peu vieux et passé.

En attendant l'almuerzo, bière et chicha

De retour, indécision…. les Dragons nous quittent demain, quelle est la suite de notre programme ? Parc de Toro Toro ou pas ? La nuit porte conseil.

D’autre photos du marché de Punata : ici

Mercredi 22 septembre : Les Dragons sont sur le départ. Après 4 semaines de voyage en leur citrouillesque compagnie ils filent à Santa Cruz, ville amazonienne la plus peuplée (1,5 millions d’habitants) et la plus économiquement active du pays. Là-bas les attend leur vol transatlantique. Chantal a bien essayé de se camoufler en sac à dos Quechua pour ne pas partir, mais sans succès… on l’a retrouvée.

Dragonne-Quechua

Camouflage sac à dos

Quant à nous, après quelques tergiversations, nous décidons de retourner à La Paz. Une fois les billets de bus achetés pour le soir même, nous passons la journée au café Paris où lecture et internet nous occupent entre 2 crêpes au roquefort (si ! du vrai !). A 23h notre bus Trans Copacabana (semi cama, un vrai aussi ! 60 bolos par personnes) quitte Cocha.

Jeudi 23 septembre : A 6 heures du matin, par les fenêtre défile l’agitation del Alto, minibus, cholitas, concert de klaxons… un peu plus loin, en bas, La Paz, emmitouflée dans la brume et la fumée omniprésente. Une fois arrivés à la gare routière nous demandons au taxi de nous conduire à l’hôtel Loki, sorte d’auberge de jeunesse améliorée et tentaculaire. Une fois sur place, dans la queue des backpackers de toutes nationalités, nous renonçons n’ayant pas très envie de nous retrouver entourés de dizaines de jeunes anglais, australiens, israéliens et autres… trop vieux ? A un pâté de maison de là, l’hostal Republica nous voit débarquer (144 bolo la double avec salle de bain partagée, et wifi qui marche). Pas si simple de trouver un hôtel à La Paz quand on ne veut pas se retrouver dans le « quartier à touristes » de la rue Sagarnaga. Et puis on risque de rester plusieurs jours alors si en plus du beurre et de l’argent du beurre on pouvait avoir le sourire de la crémière, on serait pas contre !

Dodo, pastel enfleado à notre adresse fétiche en bas de la calle Jaen, et visites peu concluantes de quelques hôtels.

La dame aux pastels

Renseignements pris nous irons passer quelques jours à Rurrenabaque, dans le département du Béni, à l’orée de l’Amazonie occidentale. Après avoir hésité sur l’option bateau pour l’allée (sur 3 jours) nous optons finalement pour un classique « aller en bus – retour en avion ». Nous achetons nos billets auprès de la TAM (376 bolos par pers.). Fin de journée à l’Alexander, ex QG…

Vendredi 24 septembre : La Paz, sa douce frénésie teintée de chapeaux melons et de tissus brillants. Mission achat d’un tee shirt à manche longue (en remplacement de celui mystérieusement disparu lors d’une lessive à Tupiza) réussie, doublée même.

Samedi 25 septembre : Journée Skype et tri de photos.

Dimanche 26 septembre : Bêtes et disciplinés nous arrivons en avance à Villa Fatima, le quartier d’où partent les bus pour Rurre (le petit nom affectueux et fort usité de Rurrenabaque). Cette avance inutile nous permet de nous baguenauder dans l’animation dominicale, de prendre un café sur le banc d’une échoppe de trottoir et de grignoter un pastel au fromage, tout en bouquinant les pieds dans le caniveau. Un peu avant midi, le bus démarre enfin. Il va falloir s’habituer à cette fumée noire qui monte à hauteur de ma fenêtre… ça tombe bien on a entre 18 et 20 heures pour s’y faire (compagnie Trans Totai, bus standard, 85 bolos/p) ! Route sinueuse, poussiéreuse, parfois vertigineuse, chaleur de plus en plus pressante, vent brulant. Nous redescendons vers une altitude proche de zéro… Amazonie nous revoili !

Sur la route pour Rurre

Lundi 27 septembre : 4h40 du matin, les lumières du bus se rallument, nous sommes à Rurre… après moins de 17 heures de trajet. J’avoue que je n’aurais pas été contre 2 ou 3 heures supplémentaires afin d’arriver à une heure décente. Nous partons vers le centre ville (Rurre est une bourgade de 5 ou 6000 habitants) dans la nuit noire, et n’y trouvons pas plus d’animation. Nous jetons notre dévolu sur un banc en attendant que le jour pointe le bout de son nez. A notre plus grand bonheur, Erlan, le propriétaire de la Residencial Jislene nous tombe dessus et nous remet sa carte (50 bolos la double avec sdb perso). Après ce trajet finalement moins éprouvant que ce que l’on craignait, nous nous affalons dans l’un des nombreux hamacs de la terrasse couverte d’Erlan et Jislène, bercés par le vent au bord du rio Beni.

Chez Jislene

Demain nous partons pour 3 jours dans la « pampa », les larges plaines couvertes de pâturages très répandues dans le département (Fluvial Tours, 450 bolos par pers., 3J/3N). Avec un peu de chance on apercevra des dauphins roses d’amazonie, un de mes rêves…

Mardi 28 septembre : A bord de la jeep qui nous mène vers Santa Rosa, nous faisons la connaissance de nos 5 compagnons de voyage australiens : Gemma, Taley, Rowin, Sarah et Shawn. Allez allez, on chasse l’espagnol de sa tête et on se remet en mode anglais… dur dur ! Après 3 heures de route rectiligne certes mais vraiment pas confort et aussi poussiéreuse à l’intérieur que dehors, nous arrivons à l’embarcadère de Santa Rosa, sur la rivière Yacuma. Henrique, dit Kiké, sera notre guide. Il nous fait prendre place dans une grande pirogue confortable dont sort un groupe d’argentins fort énervés d’avoir dû pousser l’embarcation un peu trop souvent et un peu trop près des alligators. La faute d’une historique sécheresse, le niveau de tous les cours d’eau du pays est effectivement dramatiquement bas…

Ouh qu'elle est mignonne ! c'est une fille ?

A peine commençons nous à glisser sur l’eau que le spectacle commence : une haie d’honneur de caïmans nous accueille ! En fait on a dû les payer pour nous escorter tout le long du chemin car la haie d’honneur ne s’arrête jamais. Ils sont partout, la gueule ouverte sur la rive ou bien les yeux qui dépasse de l’eau sombre. Il y a aussi des familles entières de capybaras, ces énormes rongeurs à mi chemin entre la marmotte et le cochon.

Capybara accompagné

Des tortues se jettent à la baille sur notre passage, un coati vient nous saluer, une autruche (si si !) s’éloigne au loin. Du côté plume justement, on n’est pas en reste… hérons, cormorans, aigles, toucans, anhinga, jabiru, volatiles indéterminés, et de nombreux Hoazin… mes préférés avec leurs yeux rouges cernés de bleus et leur crête punk jaune.

Régine, Rika Zaraï et Marthe Villalonga

Avant de rejoindre notre sympathique carbet au bord du fleuve, nous avons rendez-vous au Sunset Bar pour l’apéro. Le soleil se couche dans un ciel lourd de fumée, la Bolivie brûle, plus que jamais.

Depuis le Sunset Bar

Mercredi 29 septembre : Ce matin, sous prétexte de la recherche d’anacondas, nous faisons une longue ballade dans la pampa. Pas de doutes c’est bien la sécheresse, le terrain habituellement détrempé quand il n’est pas totalement inondé, est parfaitement sec. Les incendies se sentent dans l’air, il fait chaud, très chaud. Nous apercevrons 2 ou 3 anacondas réfugiés à l’ombre dans des trous d’arbres, mais l’intérêt est finalement bien de ce rendre compte de l’ampleur de la sécheresse et de la réalité de l’étendue des cultures sur brulis.

La savane enfumée

Par cette écrasante chaleur, la sieste en hamac s’impose avant d’aller titiller du piranha à la pêche. Résultats infructueux… mais les dauphins roses eux semblent beaucoup plus doués que nous.

Rang d'oignons de pêcheurs

Après l’apéro du coucher du soleil, les guides sont réunis pour jeter un oeil à une vidéo prise 15 jours auparavant : ils ont participé au sauvetage d’une famille de dauphins roses en les déplaçant dans une zone où l’eau venait moins à manquer… sécheresse toujours.

Jeudi 30 septembre : Ballade matinale sur le Rio Yacuma aussi loin que le permet la faible profondeur de l’eau, puis retour en début d’après midi en pirogue puis en jeep à fond la caisse. Les cailloux volent derrière la voiture mais nous arrivons à temps à l’aéroport pour le vol de nos acolytes australiens.

L'équipée sauvage

D’autres photos de la pampa : ici.

Nous nous dépoussiérons à Rurre et nous balladons au rythme chaloupé de la ville.

Dans les rues de Rurre

Vendredi 1er octobre : Les délicieux pancakes de Jislène nous poussent à répondre à l’appel du hamc… la plus belle invention de l’homme ! Lecture (Beach Music de Pat Conroy m’a littéralement happée), avec les filles qui jouent autour de nous, les animaux qui migrent de place en place fuyant l’étouffante chaleur, Pancho le mouton qui provoque Antoine au combat et une douche froide de temps en temps.

Aprem hamac en charmante compagnie

Antoine se frotte au belliqueux Pancho

Samedi 2 octobre : Au matin une pluie salvatrice se met à tomber, mettant fin à 2 mois et demi d’intense sécheresse à Rurrenabaque. Nos velléités de traverser le rio Beni jusqu’à San Buenaventura, sur la rive opposée, ou bien de monter à la piscine du Mirador sont mises à mal… la ville entière se met au rythme de la pluie, l’air se rafraichit enfin.

Voir « Les rideaux de Rurre ».

Le vent dans les hamacs

Nous découvrons un petit paradis pour nos papilles un jour de pluie : La Caso de Campo, des plats en sauces raffinés et frais… hmm.

D’autres photos de Rurre : ici.

Dimanche 3 octobre : Retour à La Paz… en avion cette fois : 50 minutes versus 18 heures (et le prix n’est que multiplié par 4 soit environ 45 euros) ! Nous retournons à l’hostal Republica, mangeons du poulet et des frites, rattrapons notre retard sur l’avancée de nos séries fétiches…

Lundi 4 octobre : Visite du musée d’art contemporain Plaza, hétéroclite, coloré, dans un bâtiment bourré de charme… dommage on n’avait pas l’appareil ! Emplettes diverses et coiffeur pour monsieur.

C'était pas si terrible d'aller chez le coiffeur ?

Mardi 5 octobre : Mises à jour photos, pages d’écritures en profitant du calme de notre hôtel-maison. Le soir nous tentons un film bolivien à la cinémathèque… Sirwiñakuy, à oublier, très très vite.

L'agréable patio de notre semaine paceñenne

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4 commentaires pour Road Book n°12

  1. jacques dit :

    bonjour à vous,
    C’est pas sympa de se moquer de Régine, Rika Zaraï et de Marthe Villalonga!!!!!!!!
    Bonne route et à bientôt de vos nouvelles.
    Bises

  2. Dad dit :

    Et cousine Germaine sera pas contente when the rain begin to fall. Avec les feux de forêt,
    c’est assez cocasse… Bises

  3. Ping : Aujourd’hui j’achète un boeuf | Aux Andes et cætera

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