Road Book n°14

Dimanche 17 octobre : Quelques visites de sites incontournables de la vallée sacrée des Incas avant d’entamer le « Jungle Trail » de 4 jours (Agence Tribu Trips, 185 USD tout compris, entrée, train, logements) qui nous mènera jusqu’au Machu Picchu. Nous partons en bus en direction d’Urubamba pour nous arrêter visiter Moray et les Salines de Maras (bus 3 soles par personne puis taxi 50 soles pour les déplacements entre les sites).

Moray est unique en son genre ! C’est un ensemble de terrasses (« andenes » en castillan) circulaires et concentriques qui semblaient constituer à l’époque inca un centre d’expérimentation agricole pour obtenir les variétés de semences les plus adaptées aux conditions de températures et d’hygrométrie.

Les terrasses de Moray

Les Salines de Maras offrent aussi un spectacle étonnant, des centaines de bassins de récupération de sel accrochés à flanc de montagne !

Salines de Maras

Ces salines datent de l’époque pré-incas mais sont encore exploitées aujourd’hui, 6 mois par an, par les familles qui les possèdent (compter 100 dollars l’achat d’une concession). Quinze tonnes de sel auraient été extraites l’an dernier.

Récolte du sel à Maras, 6 mois par an

Depuis les salines, en une vingtaine de minutes, il est possible de rejoindre la route qui relie Urubamba à Ollantaytambo. Nous y arrêtons un minibus en direction d’Ollantaytambo.

Le village d’Ollanta (son petit nom dans l’intimité), situé à 78 km au nord ouest de Cuzco, est l’un des seuls à avoir conservé l’architecture urbaine inca. Une immense forteresse le protégeait à l’époque de Manco Inca.

La forteresse d'Ollantaytambo

En redescendant, notre statut de « gringos » doit avoir un je ne sais quoi d’exotique… des ados en voyage scolaire nous invitent à poser avec eux sur leur photos (on doit surement être taggués quelques part sur facebook…). Nous passerons la nuit au K’antuyoc (50 soles pour 3, petit déj inclus), une petite pension agréable et pas chère juste au bord de la rivière.

D’autres photos de Moray, Maras et Ollantaytambo : ici.

Lundi 18 octobre : Place d’Ollanta, 8h30. Nous attendons le bus de notre groupe pour le Jungle trail, parti de Cuzco ce matin. Deux heures plus tard ils arrivent enfin, et nous nous dirigeons vers Abra Malaga (4300m) point de départ d’une descente en VTT. Première halte, première phrase échangée avec Antoine et Célia : « Mais qui a eu cette idée débile ? Ça ne sert à rien ? ». Effectivement dévaler une route sinueuse sous une pluie continue c’est sympa mais ça va 5 minutes… quoique au bout de 5 minutes c’est déjà trop tard tu es déjà trempé jusqu’à l’intérieur de tes chaussures.

Célia et Antoine, VTTistes humides

En début d’après midi nous arrivons à Santa Maria, moiteurs, moustiques… et rafting ! Malheureusement je n’ai pas de photos en stock mais c’était terriblissime ! Une heure trente à ramer dans les bons remous du fleuve Urubamba (classe III+). On m’aurait dit que quelqu’un serait tombé à l’eau… paraît-il qu’un coup d’épaule malheureux l’y aurait précipité. Je dis ça je dis rien.

Le soir nous faisons enfin un peu connaissance avec notre petit groupe dont Aurelio est le guide. Il y a 2 américaines de Californie, Angela et Beata, puis 4 argentins de Buenos Aires, Javier et Victoria, Jose et enfin Ernesto (l’épaule…).

Mardi 19 octobre : Aujourd’hui on marche ! Direction Santa Teresa. Nous empruntons une partie de chemin inca à flanc de montagne, mieux vaut ne pas avoir trop le vertige ! Les chemins incas convergeaient vers Cuzco la capitale de l’empire inca et s’étendaient de Quito jusqu’à l’actuelle Santiago du Chili. Les messagers de l’époque, les Chaskis, empruntaient ces routes à une vitesse impressionnante en se relayant, afin de remettre les messages contenus dans les quipus, assemblages de cordes et de nœuds ne pouvant être décryptés que par les initiés.

Rio Urubamba et un chemin inca à flanc de montagne

Aurelio nous initie au rituel de la feuille de coca, nous expliquant l’importance que revêt cette pratique dans les Andes en général et dans la culture péruvienne en particulier. C’est notre 3ème tentative depuis le début du voyage, et c’est la bonne ! Les premières fois j’avais été plutôt rebutée par la saveur des feuilles, et réussir à garder les feuilles mastiquées en une boule restait pour moi un mystère m’obligeant à crachouiller toutes les 3 minutes. Mais là, les feuilles restent en place dans leur coin et la vraie mastication peut commencer (pas plus d’une heure en ce qui me concerne mais ça peut durer beaucoup plus longtemps). La coca est très utile entre autres pour combattre le mal d’altitude et les problèmes de digestion, mais ce n’est pas sa seule vertu (cardiotonique, anti-caries, anesthésique local, diurétique et j’en passe) et…. ce n’est pas une drogue !

Aurelio et les 3 feuilles de coca

Toujours dans le but de nous « éduquer »un peu, Aurelio nous fait passer par la case déguisement…

De g. à d. : Antoine, Célia, Ernesto, Javier, Victoria, Beata, Jose, Angela. Et devant : Olivia et Aurelio

Où est Charlie ?

Après la pause déjeuner et la sieste en hamac nous repartons en longeant le fleuve Urubamba jusqu’au sources chaudes de Santa Teresa.

Rio Urubamba ou Rio Vilcanota selon les endroits

La soirée s’annonçait festive au bar-boîte du village jusqu’à ce qu’une coupure de courant longue durée ne viennent interrompre la fête et ce malgré les chants irlandais de prolongation résonnant dans la salle.

Mercredi 20 octobre : Nous nous sommes laissés convaincre de remplacer notre marche du matin par quelques traversées de la vallée en tyroliennes à la « Cola de Mono » (Queue de singe en castillan – 70 soles par personne). Géant ! Comme des gosses, ce joujou là, on ne s’en lasse pas. Peu de câbles (6) mais tous assez longs (jusqu’à 400m) et vraiment perchés très haut (jusqu’à 150 m). C’est futile, ça ne sert à rien, mais c’est fun.

Célia, 150 mètres au dessus du sol

L’après midi, après le déjeuner à Hidroelectrica (si, c’est bien le nom du patelin) au son de l’aventurier d’Indochine (« ¿ Conocen Indochina ?! ») nous partons en direction d’Aguas Calientes, la ville-tourisme-j-écris-ton-nom située au pied du Machu Picchu, où arrivent les trains les plus chers du pays. La balade nous fait longer les rails et le fleuve, le tout au pied du Machu et de ces montagnes aux allures de baie d’Halong hors de l’eau.

La montagne Machu Picchu vue de la route entre Hidroelectrica et Aguas Calientes

Je n’ai pas de preuve mais au détour d’un chemin un coq-de-roche m’a fait coucou depuis un arbre, pas si loin. Je me serais damnée en Guyane pour en apercevoir ne serait-ce que l’ombre…

D’autres photos de l’Inca Jungle Trail : ici.

Jeudi 21 octobre : 4 heures du matin, c’est l’heure où Célia, Antoine et moi avons décidé de quitter l’hôtel pour démarrer l’ascension des marches du Machu Picchu (entre 300 et 1700… les sources varient !) et être assurés d’arriver dans les 400 premiers. Arriver dans les 400 premiers vous donne le droit au sésame pour l’ascension du Wayna Picchu (vous savez le pain de sucre tout vert qu’on voit toujours en arrière plan des photos). En ce moment ce n’est pas vraiment la pleine saison donc pas forcément nécessaire de se traumatiser avec ça mais bon on est compet’ ou on ne l’est pas… et là en l’occurrence la plus compet’ des 3 et bien c’est Célia, 14ème en haut en 40 minutes à peine (au départ du pont) !

Cette ambiance matinale devant les portes du Machu Picchu avant l’arrivée des bus (car pour les moins compet’ il y a l’option bus qui évite de se coltiner ce pénible escalier) est fort sympathique et bon enfant. Une fois rentrés sur le site qui n’ouvre ses portes qu’à 6 heures du matin, le spectacle est à la hauteur de tout ce que l’on s’imagine sur le Machu Picchu… grandiose. Avoir perché ainsi une cité, y avoir construit des terrasses en amenant sable et terres fertiles, et surtout avoir choisi un tel endroit… quelle classe, félicitations messieurs les Incas.

Le Machu Picchu à 7 heures du matin

A 10 heures nous entamons la montée des marches du Wayna Picchu (alt. 2700 m soit finalement beaucoup plus bas que Cuzco, 3360 m). Encore une fois mieux vaut ne pas s’y tenter si l’on est soumis aux affres du vertiges…

Ascension du Wayna Picchu... attention j'te pousse !

La pluie vient embellir cette journée ensoleillée. Nous n’aurons pas le courage d’aller jusqu’à la porte du soleil. Elle est située à l’opposée du site par rapport au Wayna Picchu, demandant encore un peu de grimpette, et la vue encore différente, vaut très certainement la peine également.

Vue depuis les escaliers du Wayna Picchu

Entre deux éprouvants escaliers de pierre aux marches irrégulières (et hautes !) nous aurons tout de même largement pris le temps d’être contemplatifs et de nous laisser gagner par la magie du site.

La pluie s'est invitée quelques instants

Le Machu Picchu, l’une des sept nouvelles merveilles du monde, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est beau allez y !

D’autres photos du Machu Picchu : ici.

Vendredi 22 octobre : Rentrés à Cuzco hier soir sous la pluie. Aujourd’hui, pris d’une motivation inattendue nous décidons de partir visiter le village de Pisac et sa cité inca, situés à une trentaine de kilomètres de Cuzco (collectivo, 2,40 soles par personne). Un peu fourbus pour grimper à pied nous montons au site en taxi. Moins impressionnante que le Machu Picchu certes, cette cité inca perchée sur les hauteurs de Pisac est l’une des plus importantes de la vallée sacrée. Les terrasses ne se lassent pas de nous impressionner par leur régularité, le soleil lui ne se lasse pas de nous éblouir.

Terrasses de Pisac

Puis nous flânons dans le village, profitant de cette parfaite journée sur une terrasse (une vraie et une des rares au Pérou !) de la place principale. Un cerf-volant s’est accroché dans le pisonay, ce grand arbre qui occupe le centre de la place.

Sur la place de Pisac

D’autres photos de Pisac : ici.

De retour à Cuzco, nous passons la soirée en compagnie de Ben rencontré quelques semaines plus tôt à La Paz. Pour la dernière soirée de Célia au Pérou, nous goûtons les « meilleures caïpirinhas de la ville »… et évitons de rencontrer trop de chiens !

Samedi 23 octobre : Célia est sur le départ, fin de deux semaines intenses et sportives ! Merci encore pour ces moments partagés.

Nous retrouvons Aurelio dans l’après midi en vue de préparer un trek ensemble pour Choquequirao, le petit Machu Picchu perdu… Une très belle rando en perspective.

Le soir nous mangeons au MacDo le plus discret de la planète, à peine un M argenté sur la façade cachée sous une arche de la Plaza de Armas.

Antoine au MacDo... à Cuzco

Dimanche 24 octobre : Au cours du petit déjeuner, nous sympathisons avec nos voisins de table, Mathieu et Simon à qui nous proposons de se joindre à nous pour le trek. Ils ont leur tente et semblent être de très bons marcheurs… ils sont ravis et nous aussi. L’après midi nous partons donc faire quelques courses tous ensemble avec Aurelio. Départ demain, 5 heures du matin…

Publicités
Cet article, publié dans Devoirs de vacances, Pérou, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Road Book n°14

  1. guillaume dit :

    je vois là de superbes images ! de très très belles photographies !
    terrases de pisac (muy grande), terrasses de moray, recolte de sel (magnifique) et salinas de maras. j’ai envie de reprendre la route…
    à bientôt,

    guillaume.

  2. La dragonne dit :

    Merci ! Cette journée sous la pluie dégueulasse de Paris commence finalement supra bien.
    Les terrasses de sel notamment sont impressionnantes. Vivement la suite :)

  3. Gérard dit :

    Bravo, encore un grand bol d’air et de culture, le chemin inca le long de la montagne fait penser au chemin reliant le col du grand bec au col de la Vanoise, mais avec beaucoup de modestie.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s