Le Pérou, les yeux fermés

Notre Pérou c’est deux voyages entrecoupés de Bolivie. D’abord trois petites semaines dans le nord du pays, sur la côte et autour du lac Titicaca dans le Sud. Puis trois grandes semaines dans les environs d’Arequipa et de Cuzco, les deux immanquables cités du sud péruvien. Notre Pérou c’était une forte réticence de prime abord, une sotte réticence, car du « on dit » nous n’avions retenu que le plus laid, les vols, les enlèvements, les agressions, l’inondation touristique… Mais par chance, la famille Pichon, Jean, Annie et Margot, s’est mise en travers de notre mauvaise voie dès le premier jour, effaçant radicalement nos à priori. Ainsi, notre Pérou, quand nous fermons les yeux, est rempli d’inattendu…

Olivia : L’exquise association d’un ceviche (carpaccio de poisson) et d’une cusqueña malta (bière brune), sans oublier un peu de maïs grillé à picorer.

Antoine : Des arbres à sacs poubelles et un bordel sans nom à Piura. Les premiers mots d’un taxi local : « Attention, il y a beaucoup de vols et d’agressions ici. » Bon accueil…

Des yeux de hiboux sagement posés sur nous alors que la tombe du seigneur de Sipan s’apprête à révéler de nouveaux secrets.

Pourquoi as-tu de grand yeux Mère grand?

Le Pacifique, ses rouleaux et sa horde de surfeurs, à Huanchaco, la plage de Trujillo…

La fin de la nuit battue par le vent de la plage de Pimentel, et ces hommes courageux sur le point de s’élancer sur leurs frêles esquifs de paille (Les pêcheurs cavaliers de Pimentel).

Antoine et Oscar sur la plage de Pimentel (Photo Jean Pichon)

De surprenants ciels : un coucher de soleil rose sombre sur Cuzco longtemps suivi du regard depuis le couloir du bus, un autre sur le lac Titicaca, une course effrénée de nuages sur les ruines de Choquequirao, un ciel sombre et menaçant au dessus des chullpas (tours funéraires) de Sillustani.

Le sourire de ces péruviens inconnus, beaucoup plus ouverts qu’annoncé, et toujours disposés à nous conseiller ici ou là.

Le feu d’artifice impromptu le soir de l’anniversaire d’Antoine à Arequipa.

Le temple de la Luna, l’Histoire, la grande et les petites. Le sable chaud et l’odeur des cactus.

Les soupes péruviennes, délicieuses, avec un penchant pour celle au quinoa. Et sinon les patates, des grosses, des petites, des tordues, des longues (oca), des déshydratées (chuño), des violettes….

Féculents de l'Altiplano

Nazca, tout un bazar sur ces drôles de lignes et moi, seulement fasciné par celle, bitumée, qui traverse ce désert.

La pana au milieu des lignes

L’odeur mêlée des eucalyptus et du crottin de cheval sur le chemin rouge de Cachora.

Du drôle de touristes, du genre à filer bonbons et pièces aux gamins privés d’école pour mendier. Ben ouais, un gamin à l’école ça coûte cher, alors qu’au pied des monuments ça rapporte.

Une pièce pour une photo

Les rencontres… Delphine retrouvée à Pacasmayo, Pina et Rosi nos hôtesses à Trujillo, Luis et Antonia ainsi que Nicolasa nos hôtes à Santa Mari de Llachon, le groupe du Machu Picchu (José, Victoria et Javier, Ernesto, Angie et Beata), Ben noctambule en vacances, Natacha créatrice à Cuzco, Mathieu et Simon nos compagnons de marche à Choquequirao, Aurelio the best guide ever, Mariano le taiseux aux yeux bleus…

Mes potes ! Les lamas aux dreadlocks.

Un des nombreux potes chevelus d'Antoine

Les pieds dans l’eau du lac Titicaca sur la plage de Santa Maria de Llachon à la tombée du jour après avoir joué avec une fratrie de porcelets tous noirs

Les porcelets joueurs sur la plage de Llachon

Les aventures de Négro, ou comment manquer d’adopter un chien en 10 leçons.

Ces premières heures au bord du Titicaca du côté de Llachon. Un bout du monde sans eau chaude, TV, internet et autres, mais où rien ne manque.

Les bariolés chapeaux à Pompons de Capachica, et le regard amusé des manifestants sur ces deux touristes perdus sur la place.

Chapeaux à pompons et ahuaio colorés à Capachica

L’arrivée de Célia et ce pique-nique sur les toits de la belle Arequipa.

Les petites filles de la région de Puno et leur improbable bonnet rappelant la forme d’une fleur de Kantuta.

Flor de kantuta version bonnet décidé

Les murs peints aux couleurs des différents candidats et partis en vue des élections du 4 octobre dernier, jusque sur les plus petits chemins de terres, les maisons isolées, les cailloux au milieu de nulle part.

Murs de campagne - Capachica

Des pentes et des pentes. Celles gravies, la sueur en torrent coulée de moi. Des marches incas par milliers. La joie née de l’effort, du dépassement et ce Pérou à 360 °. Celles dévalées, en courant parfois. Je sens et je sais que j’ai des genoux.

Le quartier Buenos Aires qui s’arrête net sur une triste digue battue par les rouleaux au bout de Trujillo.

Cuzco. Les toits rouges, l’agitation d’un bouillon de cultures. Natacha, des églises à chaque coin de rue, Célia au téléphone, un monastère construit sur un temple, Négro, un improbable défilé, les apôtres, le meilleur hamburger et le meilleur pisco sour. L’odeur des rues sous l’orage. Tout ça, sous ce « Viva el Perù » à flanc de colline.

Viva el Peru !

Ma surprise devant la patte de poule flottant dans ma soupe dans ce boui boui infâme sentant l’urine et le poisson pas frais près de la gare routière de Trujillo.

Les Salinas de Maras, autant de bougies fondues sur la terre saignée de ces montagnes.

Les Salinas de Moray

La fascinante culture Mochica, cette civilisation qui occupa la côte nord du Pérou mille ans avant les Incas (la tombe de Sipan et le musée Tumbas Reales près de Chicalyo, la Huaca de la Luna et ses immenses peintures murales à Trujillo).

Peinture de la Huaca de la Luna - Trujillo

Le rire entier d’Aurélio se frottant au pierre de Choq’ekiraw, là haut, dans les nuages.

Goûter du cui au fin fond de la province d’Abancay, dans une petite maison du petit village de Cachora, avec les conseils avisés sur comment utiliser ses doigts pour mieux déguster encore ce mets de fête.

La pluie s’évaporant sur les rails brulants, la brume dans la vallée et l’œil du Machu Picchu posé sur nous.

Ceux qui aiment viendront à pied

Toutes nos photos du Pérou : ici.

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3 commentaires pour Le Pérou, les yeux fermés

  1. thib dit :

    juste… Waou ! « big smile » bêtat devant votre Pérou

    Des baisers

  2. fredonzeweb dit :

    merci.

  3. Vanesha dit :

    Comme vous le dites si bien, c’est terriblissime ce voyage ! Vos découvertes, toutes ces rencontres sont fantastiques. C’est incroyable tout ce qu’on peut apprendre d’un tel voyage. J’adore votre façon de voyager et de nous le faire partager.
    J’ai également eu une très bonne impression du Pérou. J’y ai rencontré plein de gens adorables, il était même parfois difficile d’avoir des moments seule à Lima notamment mais quel plaisir.
    Continuez bien ce voyage et de mon côté, j’attends avec impatience la suite !

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