La Casa de San Antonio

C’est marrant parce que je ne vais jamais à la messe. Et ce jour là c’est la curiosité qui m’a poussée, on m’avait dit « tu verras c’est super rythmé, il y a plein de jeunes ». Il y a du monde c’est sûr, même pour un dimanche pluvieux, l’église San Francisco de Sucre est remplie. Un groupe avec guitare et batterie joue…assez mal, et la chanteuse chante vraiment faux. Le Padre Johnny est plein d’entrain, mais ça reste une messe, longue en plus (1h30), avec ses cucuteries et ses rites, tous ces trucs déplaisants et saugrenus. A la fin une jeune femme, Patricia, parle quelques instants des enfants des rues pour qui la paroisse essaie d’égayer le quotidien, tout particulièrement en cette période de fêtes.  Elle a fait appelle aux volontaires.

Pourquoi je vous parle de ça. Pas pour vous faire savoir que je suis allée à la messe contre toute conviction, mais parce que le lendemain c’est à La Casa San Antonio, l’association de la paroisse qui s’occupe des enfants des rues, que Cesar nous a emmené. Et la veille au soir m’ennuyant ferme sur mon banc de prière j’étais à des lieux d’imaginer un lien entre les paroles de Patricia et ma semaine à venir.

Une succession de rencontres nous avait amené le samedi précédent à aider les petits cireurs de chaussures de la Plaza 25 de Mayo, à vendre une revue, Inti, pour améliorer un peu leur ordinaire. Un gringo derrière un visage timide noirci de cirage ça aide ! Et Cesar, l’enthousiaste jeune homme en charge des enfants ce jour là nous avait proposé de nous emmener voir le comedor (la cantine) où ils mangent le midi. Rendez vous était pris pour lundi midi à la fin de notre cours d’espagnol.

Casa San Antonio

Lundi, 12h30, dans le hall qui mène à la vaste salle des repas, des enfants de 3 à 12 ans se chamaillent et rigolent en faisant la queue pour le registre d’entrée. Cesar nous présente les volontaires qu’il retrouve ici tous les midi pour servir les assiettes, garder un peu d’ordre et faire le ménage une fois le calme revenu. Il y a Claudia, Salvador, Pablo, Johnny… puis les deux cuisinières, et le Padre Johnny est là aussi. Après que les petites têtes brunes (ah oui ici les petits blondinets ça ne court pas les rues…) assises le long des grandes tables ont récité la bénédicité, chacun s’active à la distribution des assiettes et des verres de refresco.

Empilement de soupes du jour

Alors tout naturellement on en fait de même. Un poquito pour les petits et un arto pour les plus grands et les goulus.

Antoine en pleine distribution

De nouveaux arrivants filent vers le lavabo, sont interceptés avant de s’asseoir pour filer s’essuyer les mains. Par ici ça se chamaille, un tout petit bonhomme chatouille sa voisine et se tortille sur le banc pas vraiment décidé à manger.

Bonnet, soupes et yeux curieux

La Casa San Antonio existe depuis 1985 sur l’initiative d’un frère franciscain. Elle accueille jusqu’à 200 enfants par jour, et quelques adultes dans le besoin. Les enfants travaillent tous, ils chantent dans la rue, cirent des chaussures, vendent des bonbons ou lavent des voitures pour aider la famille. A côté des repas servis tous les midis du lundi au samedi, la maison compte une bibliothèque ou une institutrice aide les enfants à étudier. Un médecin est également présent pour des consultations gratuites.

Corvée de vaisselle

Nous reviendrons tous les midis de la semaine, faisant connaissance avec les volontaires an maniant le balai et l’éponge ou bien autour du même repas que les enfants une fois la salle propre et rangée. Cesar a 18 ans fait des études de chimie. Claudia, 30 ans est avocate.

Avec Claudia

Johnny vient de Santa Cruz, fait des blagues et place des « nieh » dans toutes ses phrases. Salvador a 25 ans, c’est un peu l’homme sérieux du groupe, celui qui mène la danse quand les enfants entrent en piste, vérifie le lavage et le séchage des mains, indiquent les places libres… Pour Salvador on parle castillan et certainement pas espagnol.

Avec Cesar

Et puis il y a les enfants bien sûr. La jolie Daniella et son regard triste qui aimerait qu’on la prenne en photo. Le petit gars au tee shirt camouflage qui nous reconnait dans la rue. Et puis celui intrigué par les bras velus d’Antoine, « c’est doux ». Les filles qui se racontent des secrets, le grand frère qui s’occupe de sa toute petite sœur…

Daniella

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2 commentaires pour La Casa de San Antonio

  1. Gérard dit :

    Bravo, je ne suis pas étonné de votre action.
    Bises à vous deux

  2. fred dit :

    merci pour ce partage, qui me touche et me rappelle les grands yeux des petits du Burkina… un bel épisode de plus. Je vous embrasse.

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