Road Book n°17

Mercredi 15 décembre : Arrivés au Chili à Iquique vers 4 heures du matin, nous avons pu finir notre nuit dans le bus avant de partir en quête d’une chambre avec un toit et des murs. Atterrissage à l’Hostal Casa del Profesor (14 000 pesos chiliens la double avec sdb partagée, wifi et petit déj, soit 26 euros) où la terrasse ombragée pousse au repos, ce qui tombe bien après toutes ces heures de bus ! En début d’après midi nous partons à la découverte de notre première escale chilienne. La transition est de taille ! Notre premier repas, pourtant simple, nous fascine : ceviche de poisson en entrée suivi de pâtes ou de poisson et riz avec des vrais goûts de bons produits. La traversée de l’Équateur, du Pérou et de la Bolivie nous aurait-elle fait oublier ce que que de manger pour autre chose que se nourrir ?

Ici c’est l’été et la mode vestimentaire est assez peu différente de celle que l’on trouve en Europe. Les maisons de cette ville posée entre la mer et d’immenses montagnes sableuses, sont colorées. Vu les matériaux de construction (briques, contreplaqué, tôles) il ne doit pas pleuvoir souvent. La rue piétonne Baquedano, bordée de bâtisses coloniales, nous propulse dans un film de Sergio Leone, l’air de la mer et la chaleur des habitants en plus. Sur chaque trottoir, des panneaux indiquent la direction à suivre en cas de tsunami…

Iquique, plage nord

D’autres photos d’Iquique : ici.

Jeudi 16 décembre : Visite de la ville abandonnée d’Humberstone, qui abrita de 1872 à 1960 une importante usine de production de salpêtre et de nitrate de sodium (explosif mais surtout fertilisant naturel). Cette ville fantôme située à 47 km d’Iquique a été classée en 2005 au patrimoine mondial de l’humanité. Les conditions de vie dans ces villes ouvrières attirant des travailleurs chiliens en quête d’une vie meilleure, mais aussi boliviens et péruviens, étaient rudes dans ce désert aride.

Humberstone, attention, danger !

Cependant ces travailleurs furent des pionniers en matière de lutte pour les justices sociales La fabrication industrielle des nitrates à partir de la fin des années 40 porta un coup fatal aux usines chiliennes, et en 1960 Humberstone cessa toute activité.

L'ancien stade d'Humberstone

D’autres photos d’Humberstone : ici.

Vendredi 17 décembre : Journée bus… ça nous manquait ! Mais attention ici c’est le Chili et encore une fois la transition est radicale avec la Bolivie. Ponctualité, confort (toilettes fonctionnelles, petit coussin et couverture à dispo, stewart en chemise blanche, etc) et prix (à la hausse forcément). Départ d’Iquique à 8h30 pour Calama (Compagnie Tur Bus, 12 600 pesos chiliens par pers). La route longe la côte plusieurs centaines de kilomètres, jusqu’à Tocopilla. A droite la mer et ses plages grises et désertes accueillant de ci de là d’aériens villages de pêcheurs, à gauche des montagnes de sable encore et toujours.

Tocopilla

Nous arrivons à Calama vers 15h30 et repartons une heure plus tard pour San Pedro de Atacama (Tur Bus, 2500 pesos/p) où nous attendent Georges et Alexandra qui ont modifié leur plan. Installation à l’hôtel El Eden Atacameño (16 000 pesos la double – lits séparés parce que lit double c’est 20 000 ! – avec sdb partagée, wifi et accès à la cuisine) qui est sympathique et sans doute l’un des moins cher de San Pedro, mais que l’on déconseille, vous verrez pourquoi plus tard. Achats des billets pour Salta en Argentine la semaine suivante car en cette période de fêtes les prévisions sont de mise.

Samedi 18 décembre : Pendant qu’il neige des kilos de neige sur la France nous nous prélassons toute la journée à l’hôtel sous un ciel insolemment bleu par une température de plus de 25°C. San Pedro est situé à 2400 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama l’un des plus arides du monde, il n’a pas plu depuis plus de 6 ans à San Pedro. Le Licancabur qui marque la frontière avec la Bolivie et que nous avions déjà vu lors de notre balade dans le sud Lipez bolivien, est visible de partout.

Bulle de chat dans les jardins d'Eden

San Pedro est un village charmant mais terriblement touristique, preuve en est les rabatteurs qui vous accostent à tous les croisements de rues pour vous proposer le meilleur menu, le meilleur happy hour… Et les prix élevés sont au rendez vous autant pour l’hôtellerie que pour la restauration et l’artisanat (qui vient directement de Bolivie, le prix multiplié par 10 !).

Dimanche 19 décembre : Nous nous mettons enfin en quête d’une agence pour visiter les environs. L’offre ne manque pas, mais comme toujours les excursions sont toutes les mêmes ou presque. Nous optons pour Colque Tours, qui nous propose un package de 4 pour 51 000 pesos par personne (83 euros) : la vallée de la Luna, les geysers du Tatio, les lagunes Cejar et Tevinquinche, puis les lagunes de l’Altiplano. Sur les conseils de notre Sophie perdue quelque part au pays du soleil levant, et des Pichon’s, nous cherchons à rencontrer l’astronome français qui fait découvrir le magnifique ciel étoilé du désert d’Atacama. Pas de bol nous sommes en pleine période de pleine lune… ça a beau être très chouette la pleine lune, ça empêche de regarder les copines moins brillantes. Nous n’iront pas nous cultiver notre bout de ciel cette fois ci.

Mais début des hostilités dès ce soir. Rendez vous à 16 heures pour découvrir la vallée de la Lune et consœurs. Arrêts stratégiques et chronométrés pour les photos… pas notre tasse de thé, mais pas le choix.

Pas de remontée mécanique pour les sandboarders

Nous marchons un peu le long d’une « vallée de la mort » dévalée par quelques surfeurs des sables, avant d’aller nous serrer sur une dune spéciale « admirons le coucher du soleil ». En fait la Lune vole la vedette.

Vallée de la Lune

D’autres photos de la ballade à la vallée de la Lune : ici.

Lundi 20 décembre : 4 heures du mat’, sur le pont moussaillons ! Rude comme toujours, mais on ne sera pas déçu par cette journée. Le véhicule se dirige, surveillé par la Lune, vers les geysers du Tatio où nous arrivons un peu avant le lever du jour. A 4280 mètres d’altitude, le Tatio est un immense site de geysers. Près de 80 sorties d’eau et de vapeur jaillissent essentiellement à l’aube. L’eau ne va pas très haut mais d’immenses colonnes de vapeur jalonnent le paysage. L’eau bouillonne de plus en plus fort avant de percer et de s’exprimer hors de la roche.

Dans la vapeur des geysers du Tatio

Pendant que le jour se lève, les œufs et le lait du petit déjeuner cuisent dans l’eau frémissante. Des mouettes des Andes sont à l’affût de la moindre miette.

Lever du jour sur El Tatio

D’autres photos des geysers du Tatio : ici.

En rentrant à San Pedro de Atacama nous nous arrêtons au village de Machuca où l’odeur des brochettes de lamas invite à la gourmandise.

Pichnette... ou poke ?

En fin d’après midi nous partons pour la laguna Cejar. Située en bordure du Salar d’Atacama, cette lagune aurait une teneur en sel sept fois supérieure à celle de la mer. Pas besoin de vous dire que niveau flotabilité on était au top ! Par contre au séchage, le sel ça tire… fort.

Test de flottabilité devant le Licancabur

Après un rapide passage par deux lagunes circulaires si proches l’une de l’autre qu’on les appelle los Ojos del Salar (les yeux du Salar), notre véhicule nous dépose au bord de la laguna Tevinquinche. Cette belle lagune encore plus salée que la précédente semble-t-il nous inonde de blancheur et de bleul laiteux. Le Licancabur est là, quelque peu embrumé, faisant face à l’un des plus beau coucher de soleil qu’il nous ait été donné d’apprécier. Les couleurs valsent et ouvrent la voix à un envoûtant lever de pleine lune. Sur nos lèvres un goût d’irréalité vient se mêler à celui du sel et du pisco sour. C’est beau, simplement beau.

Laguna Tevinquinche dans le désert d'Atacama

D’autres photos de cette fin de journée aux lagunes salées d’Atacama : ici.

Mardi 21 décembre : L’heure de la balade aux Lagunas altiplanicas a été avancée à 6 heures du matin. Nous attendons patiemment dans la ruelle poussiéreuse. Il est tôt et la Lune, traîne encore quelques instants dans le ciel encore largement masquée par l’ombre de la Terre, cette nuit elle s’était éclipsée. 7 heures nous attendons toujours, 8 heures rien à l’horizon, à 8h40 nous abandonnons et retournons dormir un peu. Après avoir imaginé les pires scénarios en trouvant l’agence porte close dans la matinée, nous apprendrons plus tard que nous juste avions été oubliés sur le planning du chauffeur… (remboursement sans problème particulier).

Mercredi 22 décembre : Journée bulle dans le patio ombragé entre deux batailles avec les innombrables mouches. A noter une déconvenue au moment de payer : Alex et Georges discutent le paiement (1000 pesos) d’une tasse cassée par au cours des jours précédents. La discussion est de courte durée car le responsable vient nous trouver accompagné d’un molosse débile et aviné afin de nous intimider « Si tu paies pas la tasse, tu vas payer beaucoup plus cher ! ». La méthode et les insultes (« Les Français vous êtes tous des fils de xxx ») nous sidèrent tout autant que les autres occupants de l’hôtel… et tout ça pour 1,6 euros, imaginez ceux qui partent sans payer ! C’est pas grave l’esprit de Noël est avec nous.

San Pedro de Atacama, un sapin au soleil

D’autres photos de San Pedro de Atacama : ici.

Jeudi 23 décembre : A 10 heures nous sommes dans le bus pour l’Argentine (compagnie Geminis, 20 000 pesos/p). Les formalités de frontières sont un peu plus fastidieuses qu’à l’accoutumée. Pour la première fois les sacs sont reniflées par les chiens.

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Un commentaire pour Road Book n°17

  1. Bilou dit :

    Putain !!! Y’a une ville qui s’appelle Iquique !!! C’est là où j’veux finir mes jours !!!

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