Road Book n°20

Dimanche 23 janvier : A peine passés l’Aconcagua et la frontière argento-chilienne, la route caracol (escargot) dévoile ses courbes pour nous mener à Santiago.

Les lacets de la route caracol, à la frontière chilienne

La capitale chilienne nous happe aussitôt dans son métro. Ici comme dans n’importe quel métro, peu de sourires, des regards dans le vague, sans compter cette chaleur de mois d’août. Trois arrêts plus tard, barrio Brazil. Une fontaine, du soleil, des robes d’été… on dirait le sud. L’Hostal Tales, vieille bâtisse coloniale, est situé dans une rue charmante, la calle Concha y Toro (dortoir, 5000 pesos chiliens/p soit environ 8 euros, wifi, cuisine).

Lundi 24 janvier : Un peu de métro, un peu d’administratif, nous pourrions presque prendre peur. On a survécu. Opération numéro 1 : déplacer la date de notre vol de retour. Vous noterez une info primordiale : le plus tard possible certes, mais on va rentrer. De Rio en juin. Opération numéro 2, plus attrayante : le 25 février prochain nous embarquons sur un cargo.

« Soirée Gendarmes » ! Nous faisons la connaissance d’un petit groupe de gendarmes français fraîchement revenus d’une longue randonnée en autonomie à l’assaut de l’Aconcagua, plus haut sommet des Amériques. Chapeau messieurs.

Les grimpeurs de l'extrême

Mardi 25 janvier : Visite de Santiago par ses musées d’art moderne : le musée des arts visuels puis le musée des beaux arts et ses expositions contemporaines. Gros coup de cœur pour l’expo photo collective « La Victoria de todos ». Lincoyan Parada et d’autres ont photographié les gens, les rues, la vie du quartier Victoria.

A table au musée des arts visuels

Mercredi 26 janvier : Au petit déjeuner nous faisons la connaissance de Gabriel, étudiant rennais en histoire, qui effectue son Master au Chili. De fil en aiguille nous passons la journée à refaire le monde en buvant du maté dans la cour.

Jeudi 27 janvier : Une longue balade à pied dans les rues de Santiago nous mène jusqu’au barrio Bellavista, le quartier universitaire et bohème qui abrite la Chascona l’une des trois maisons chiliennes de Pablo Neruda.

Au pied de La Chascona, quartier Bellavista de Santiago

Le nom de Chascona fait référence à la chevelure abondante et décoiffée de Matilde Utturia, sa maîtresse puis troisième épouse. Les festifs amants y ont vécu ensemble une vingtaine d’année jusqu’à la mort du poète en 1973, quelques jours à peine après le coup d’état.

Sous l'oeil attentif de La Chascona

La maison fait penser à un bateau, d’ailleurs à l’époque, une rivière passait sous certaines pièces. Plusieurs niveaux, plusieurs bâtisses savamment disposées dans la verdure, d’étroits escaliers, des couloirs cachés, de larges baies vitrées, une belle vue sur la ville et la cordillère, une foule d’œuvres d’art et d’objets incongrus. Un lieu intrigant, curieux, chaleureux, poétique.

Neruda, autoportrait

D’autres photos de Santiago : ici.

Vendredi 28 janvier : Nous quittons Santiago pour la tant attendue Valparaiso (compagnie Tur Bus, 3900 pesos, 2 petites heures). Dans un premier temps nous nous installons au B&B Patricia situé tout près de la gare routière (chambre double, 7000 pesos/p, wifi, cuisine). Première balade, nous traversons toute la partie de la ville appelée « El Plan » et atteignons le port où barcasses et cargos se côtoient dans un joyeux bazar.

Sur le port de Valparaíso

Il est un peu tard pour s’aventurer dans les collines, alors, sur les traces de Dominique A nous poussons la porte du restaurant Cinzano. Il est 20 heures à peine, il n’y a personne, de discrets cartons reservado ornent presque toutes les tables. Une heure plus tard, quand Manuel et ses acolytes entament un air de tango, il n’y a plus une chaise libre. Nous plongeons dans un autre monde, envoûtés. Mes yeux brillent quand plus tard encore, Miriam entonne un air de Piaf en espagnol (à voir ici).

Samedi 29 janvier : Le ciel est couvert ce matin, et dehors les pulls et les manteaux sont de sortie… ne sachant pas si le soleil nous fera l’honneur de sa présence ou non aujourd’hui nous partons vers La Isla Negra (Pullman Bus, 5800 pesos/p AR). Ce village côtier situé à une soixantaine de kilomètres au sud de Valparaiso, abrite la principale maison de Pablo Neruda. Immanquable après l’enthousiasme qu’a éveillé en nous la visite de la Chascona. La route côtière est embouteillée. Les abords de La Isla Negra évoquent Carnac-plage au 15 août… des parasols, des pelles, des seaux, des badaux en shorts et maillots. Nous filons simplement vers ce havre de paix exotique qu’est la maison de Neruda. Des pièces en enfilade, une atmosphère de bateau comme il les affectionnait, des collections invraisemblables, figures de proue, verres de couleur pour que l’eau soit meilleure, masques, bateaux en bouteilles… et ce lit face à la mer et aux rochers sombres, ce bar des amis dirigé sur l’océan, ou ce petit day boat surplombant la mer. Cette maison c’est comme un rêve de gosse… le rêve de Pablo et Matilde.

Isla negra, le bar des amis de Neruda

Il y a quelques temps déjà, sur un canapé parisien, notre copine Anne-Claire évoquait un garçon débarquant en cargo à Valparaiso. De retour de La Isla Negra nous montons pour la première fois vers le cerro Alegre (la colline joyeuse), Bertrand, l’exilé du cargo y a sa galerie d’art, Bahía Utópica. Nous voilà dans la ville des collines, des fresques murales et de la brise marine.

Dimanche 30 janvier : Pérégrinations valparaisiennes suite : le môle, le cerro Alegre, le cerro Concepción, un paseo avec vue, d’antiques funiculaires, des fresques, des escaliers, des cafés de quartiers.

Un café de la rue Almirante Montt

Lundi 31 janvier : Le B&B Patricia est très bien… mais un peu loin des centres névralgiques de la ville. Nous migrons à l’hostal Polanco sur Templeman (dortoir, 6000 pesos/p, wifi, cuisine), une rue très pentue qui traverse Alegre et Concepción. Nous déjeunons dans une pica, le bistrot populaire local, et partons à l’assaut du cerro Artilleria.

Pause déjeuner

De là-haut le port de commerce nous invite… nous cédons à la traditionnelle sortie en lancha, le promène-couillons comme on dit par chez moi, qui nous emmène faire le tour de la baie. On y voit les collines de plus loin, d’alanguis et gras lions de mer, quelques bateaux militaires, une cale flottante.

équilibriste

Mardi 1er février : Du haut de notre colline nous prenons le petit déjeuner au balcon, entre soleil et brise matinale. Seuls les goélands troublent l’ordre public. Nos déambulations du jour nous mènent au palacio Barburizza abritant un petit musée des beaux arts, au cerro Carcel, puis au Cimetière numero 1 où les morts jouissent d’une vue de choix sur le Pacifique.

Murale

Mercredi 2 février : Avant de nous rendre par le chemin des écoliers jusqu’à l’ultime maison de Neruda, nous déjeunons au Filou de Montpellier… Encore un français sous le charme ?

Cerro Concepción

La Sebastiana, maison « portenienne » de Neruda, est située tout en haut du cerro Bellavista offrant une parfaite vue panoramique sur la ville et la baie.

Cerro Bellavista

Des photos des maisons de Pablo Neruda : ici.

Jeudi 3 février : Nous déjeunons d’empanadas délicieusement géants afin de prendre des forces pour l’escapade quotidienne. Aujourd’hui, étude approfondie des recoins et ruelles du cerro Concepción. Puis divagations sur les hauteurs du cerro Bellavista et de son musée à ciel ouvert. Découvrir encore en se perdant dans le dédale des rues.

Une porte rouge

Après 6 jours de rêverie ensoleillée, un petit quelques chose s’est allumé quelque part au dedans de nous. Mais il est temps de quitter Valparaiso, à 20h30 nous montons dans le bus pour Temuco (Condor bus, 23500 pesos, 12 heures).

Paseo Atkinson

Un texte, Valparaíso, port d’attaches et d‘autres photos ici et .

Vendredi 4 février : 9 heures, Temuco, capitale de l’Araucanie. Nous sommes attendus par Raul, grâce à Pierre qui nous a mis en contact par mail. Raul nous accueille dans son tout nouvel appartement comme si nous nous connaissions depuis toujours. Parti travailler, nous visitons la ville et organisons nos trajets à suivre dans la région des fleuves.

Le repas du soir nous surprend. Café, tartines, œufs brouillés et viennoiseries ? Ce petit déj’ tardif c’est le once, une habitude culinaire très chilienne. Raul et Paulina, sa polola (petite amie), nous emmène ce soir à La Perrera, un café concert à la chaleureuse ambiance trentenaire.

A La Perrera avec Paulina et Raul

Que bueno !

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3 commentaires pour Road Book n°20

  1. fredonzeweb dit :

    trois billet de retard, j’ai du mal à vous suivre… des endroits étonnants, votre regard si particulier, ces rencontres, ces couleurs… j’attends de les voir dans vos yeux puisque retour il y aura. Des bises!

  2. fredonzeweb dit :

    ah oui, moi aussi je me déplace mais dans le virtuel…

  3. La Dragonne dit :

    Que bueno tambien !

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