Road Book n°21

Samedi 5 février : Temuco. Raul a gardé une petite moitié de nos affaires qu’il nous expédiera en temps voulu, par bus, à Puerto Montt. C’est donc sérieusement allégés que nous quittons Temuco pour la région de Los Rios.

Direction Panguipulli (compagnie JAC, 2500 pesos, 2h30) où nous changeons de bus pour Puerto Fuy situé au bord du lac Pirehueico (Lipinza, 1700 pesos, 3h… 60km). Hospedaje San Giovanni (double 7500 pesos par personne, baño compartido). Puerto Fuy, village paisible idéal pour des vacances natures en famille, vit au rythme des allers et venues de son bateau passe-frontiere. Tous les jours ce bateau, qui peut transporter une vingtaine de voitures, quitte la plage et traverse le lac Pirehueico offrant un point de passage idéal vers l’Argentine et San Martin de los Andes.

La plage de Puerto Fuy

Dimanche 6 février : Nous nous offrons un aller retour sur le lac (1600 pesos) mais nous ne passons pas côté argentin comme prévu initialement, préférant fuir les foules en vacances. Au retour nous rencontrons Fernanda et sa maman avec qui nous discutons longuement du voyage sur le ferry Navimag où elles ont embarqué il y a quelques semaines à peine.

Avec Fernanda (à droite) et Maria (à gauche) sur le pont de l'Hua Hum

D’autres photos de Puerto Fuy : ici.

Lundi 7 février : Equipés de notre tente, de pain, de fromage, de jambon et de tomates, nous partons en bus pour Choshuenco à une heure de Puerto Fuy (mais 15 km à tout casser). De là nous comptons partir pour un trek de 2 ou 3 jours sur le volcan Mocho-Choshuenco. A 8 heures du matin nous commençons à marcher en direction d’Enco au bord du lac Riñihue. Une douzaine de kilomètres plus tard, dont deux sur la plateforme d’un camion, nous entrons dans le parc Mocho Choshuenco.

Le volcan Choshuenco

Une route de 14 km monte jusqu’au refuge, nous marchons dans un nuage. Au km 6 la voiture des guardaparques nous emmène et nous dépose au refuge… 8t km gagnés, ce n’est pas rien. Du coup nous continuons à monter pour nous installer à la sortie de la forêt, plus proche des sommets (2415m pour le Choshuenco, 2422 pour le Mocho) vers 17 heures. Des centaines de taons volent autour de nous et nous bourdonnent dans les oreilles. Nous tentons de nous protéger en nous enfermant dans la tente mais il fait trop chaud pour tenir bien longtemps. Par chance, à quelques mètres de nous se dresse une cabane qui a dû abriter, un jour, un mécanisme de treuillage. Nous y installons la tente, il fait moins chaud et les taons ne semblent pas apprécier l’endroit. Ouf un peu de répit.

La cabane-tente

Mardi 8 février : Nous laissons les affaires dans notre tente-cabane et partons vers les sommets. Le vent, qui souffle fort, offre l’avantage d’éliminer les taons. Au pied du glacier, nous remplissons nos bouteilles à l’eau du torrent, admirons le ciel bleu et les lacs vus d’en haut avant de redescendre.

Au pied du glacier de Choshuenco

Après une vingtaine de kilomètres nous ressortons du parc, il est 17 heures. Un conducteur de tracteur s’arrête à notre hauteur, descend, nous salue chaleureusement et nous invite à monter avec lui pour les 12 km qui nous séparent de Choschuenco. Banco.

Hugo, vive les tracteurs !

D’autres photos de notre rando à Mocho-Choshuenco : ici.

Avec ces aides de transport nous ne sommes finalement partis que 2 jours au lieu de 3. Tant mieux car les sandwiches jambon-fromage-tomate nous lassaient déjà ! De Choshuenco nous reprenons le bus pour Puerto Fuy où nous avons la mauvaise surprise de découvrir qu’il n’y a plus de place à l’hospedaje… Peu importe. Nous récupérons nos affaires et profitons de l’occasion pour camper au bord du joli lac Pirehueico, un œil sur les volcans où nous étions encore ce matin.

Les volcans Mocho et Choshuenco depuis Puerto Fuy

Mercerdi 9 février : Nous quittons Puerto Fuy vers 13 heures pour Valdivia, capitale de la région (3h jusqu’à Panguipulli, puis 1h40) où, nous laissant guider par un rabatteur de la gare routière nous atterrissons au residencial Perez Rosales (bon rapport qualité prix à 6000 pesos par personne, baño compartido, cuisine, wifi).

Jeudi 10 février : A Valdivia se fabrique l’une des meilleures bières du pays voire même du continent sud américain, la Kunstmann. Nous la goûtons dans une taverne allemande (avec un nom pareil, doutez vous bien qu’ils y sont pour quelque chose !) en dégustant un tartare de bœuf. Belle mise en bouche avant le Musée d’Art Contemporain d’où l’on peut aussi admirer la vue sur le rio Valdivia et ses quelques lions de mer.

Valdivia vue du musée

D’autres photos du MAC de Valdivia : ici.

Un peu plus loin, le port de plaisance où je me mets en tête d’aller flâner, mais ici pas question de laisser rêver les foules devant un voilier. L’accès est strictement privé et les murs empêchent même de jeter un coup d’œil…

Vendredi 11 février : Comme tous les jours à Valdivia, le marché aux poissons étale ses fruits de mer géants, ses congres et ses crabes. Petits rapaces et pigeons remplacent mouettes et goélands. Des lions de mer gigantesquement gras attendent qu’on leur donne la becquée.

Marché de Valdivia

D’autres photos de Valdivia : ici.

Samedi 12 février : Pluie pluie pluie et repluie. Depuis le début du voyage nous sommes pour la première fois ou presque contraints à rester cloîtrés à l’intérieur. Pas de virée du côté de Niebla et de ses forts espagnols.

Dimanche 13 février : Nous quittons la région de Los Rios (des Fleuves) pour celle de Los Lagos (des Lacs). Bus pour Osorno (1300 pesos) puis pour Puerto Octay (700 pesos) au nord ouest du lac Llanquihue. Pas très inspirés par le temps grisâtre, nous continuons jusqu’à Frutillar puis jusqu’à Puerto Varas (1400 pesos) après avoir longé tout l’ouest du lac. Puerto Varas étant beaucoup trop touristique à notre goût et quitte à faire une journée transport, nous poursuivons jusqu’à Petrohue (2000 pesos) au bord du lac de Todos los Santos (le lac de tous les saints…), un peu plus à l’est. Une riche idée ! Nous découvrons un endroit paisible et bourré de charme. Comme à Puerto Fuy, il y a un bateau qui traverse le lac pour mener vers la frontière argentine et la ville de Bariloche.

Nous traversons le rio qui s’échappe du lac et installons notre tente au bord de l’eau (5000 pesos). Qui dit bord de l’eau dit moustiques, d’ailleurs en langue mapuche, Petrohue signifie « lieu de moustiques »… Des nuées de mini moustiques, les petros, nous assaillent. Heureusement le petit ponton sur la plage est épargné, et nous y installons notre salon-salle à manger-cuisine.

Lundi 14 février : Arrivés sous un ciel couvert hier, nous ne voyions pas le volcan Osorno situé à quelques kilomètres. Au réveil nous avons la bonne surprise de le découvrir, majestueux et parfait dans sa chemisette blanche, débarrassé de sa lourde écharpe nuageuse.

Le volcan Osorno

A 6 ou 7 kilomètres de Petrohue se trouvent de belles chutes d’eau. L’eau s’est frayée un passage dans des couloirs de lave. C’est une balade prisée des vacanciers et des amoureux en ce jour de Saint Valentin (1200 pesos l’entrée). Le moins que l’on puisse dire c’est que nous ne sommes pas seuls sur le site.

Los saltos de Petrohue

Au retour, une fourgonnette de carabineros (gendarmes) nous prend en stop. Pour nous remettre de nos émotions nous nous jetons dans l’eau fraîche du lac. Abstraction faite des petros cet endroit est un vrai petit paradis.

Fin du jour sur le Lago de Todos los Santos

D’autres photos de Petrohue, son lac et ses chutes : ici.

Mardi 15 février : Nous quittons Petrohue pour Puerto Montt. Brève escale à Ensenada au bord du lac Llanquihue pour un gargantuesque repas dans un tenedor libre (littéralement « fourchette libre »). Même dominé par l’Osorno, ce lac est bien moins charmant que le lac de Todos los Santos. A Puerto Montt nous trouvons au hasard l’Hostal Yelcho (calle Ecuador 1316), une parfaite petite pension de famille (6000 par pers, matrimonial, cuisine, wifi, baño compartido).

Mercredi 16 février : Les chaussures de rando d’Antoine ont lamentablement abandonné la partie. Avant d’affronter les randos de Patagonie il faut les remplacer. Let’s go to the Mall ! Gigantesque complexe commercial. Ce sera une paire de Merrell basses, les Salomon éventrées partent aux ordures.

Pas très résistantes les Salomons...

Jeudi 17 février : Aujourd’hui nous partons pour l’île de Chiloe que nous allons explorer une petite semaine avant d’embarquer pour le sud du sud chilien. De Puerto Montt, le bus met 3h40 pour se rendre à Castro, principale ville de l’île (Pullmann Bus, 5000 pesos). A mi parcours, nous traversons le remuant canal de Chacao. Sur la navette il y a le Wifi, on n’arrête pas le progrès !

Pour visiter et profiter de la sérénité îlienne, nous optons pour un ancrage à Chonchi, 20 km au sud de Castro sur la côte orientale (700 pesos). L’hospedaje Emarley (6000 par pers, double, wifi, cuisine, baño compartido, propre à manger par terre) juste devant le port sera notre charmant pied-à-terre avec vue sur la mer.

Chonchi

A Chiloe, les fruits de mer et les poissons, notamment le congre et le saumon, sont rois. Autant goûter les spécialités locales sans attendre ! Moules géantes, saumon grillé, licor de oro, face à la mer.

Le port de Chonchi

D’autres photos de Chonchi : ici.

Vendredi 18 février : Il fait grand beau sur Chiloe. A part le raté de Valdivia, l’amulette « Antoine faiseur de beau temps » est décidément très efficace. Nous allons visiter Queilen, petit village encore un peu plus au sud, à 46 km de Chonchi (1200 pesos en bus). Des maisons colorées arborent leurs écailles de bois typiques de l’île, les tejuelas.

Maison de Queilen

Sur la longue plage sèchent des kilomètres de luga, une algue vendue au Japon et à une marque fort connue de dentifrice. De l’autre côté de la baie, les montagnes andines nous narguent.

La plage de Queilen

D’autres photos de Queilen : ici.

Nous passons l’après midi à Castro afin de découvrir les palafitos, ces maisons sur pilotis qui font la réputation de la ville.

Maison palafitte de Castro

D’autres photos de Castro : ici.

Samedi 19 février : En route pour le Parc National de Chiloé. Le bus longe le lac Huilinco jusqu’à Cucao d’où partent quelques balades dans le parc (entrée 1000 pesos).

Du côté de Cucao

Au détour d’un chemin nous rencontrons Eduvina qui nous invite chez elle et sa fille Miriam. Nous partageons le mate autour du poêle.

Eduvina

D’autres photos de Cucao et de la maison d’Eduvina: ici.

C’est la fin de l’été, partout des campeurs, des mochileros (porteurs de sac à dos), c’est l’affluence. Des colonnes de campeurs attendent déjà le bus. Les places de retour sont chères. Nous dégotons finalement un petit bout de couloir dans un bus archibondé après avoir parcouru déjà pas mal de kilomètres à pied sur la route.

A Chonchi ce soir c’est la fête de fin de saison. La rue est bondée pour assister au concert qui se tient sous nos fenêtres. L’interminable feu d’artifice tiré de la digue à une centaine de mètres devant nous est applaudi à tout rompre.

Dimanche 20 février : L’écran du netbook a déclaré forfait ce matin… ce petit gadget est trop précieux pour que nous nous en passions, il sera remplacé.

Black out

Aujourd’hui se tient à Castro le Feria Costumbrista. La foule se presse pour venir déambuler sur les stands d’artisanat chilote, assister à des démonstrations de savoir faire traditionnels et déguster les meilleurs plats de l’île. C’est l’occasion pour nous de goûter le Curanto de Hoyo, mélange de fruits de mer et de viande, cuits ensemble dans le sol sous un grand feu, servi avec des galettes de pomme de terre.

Antoine perplexe devant son assiette de Curanto

Sur le lieu de la feria se trouve le musée d’art moderne de Chiloe, nous ne résistons pas à la tentation.

Marylin Chiloe (artiste : Edward Rojas)

Lundi 21 février : Impossible de visiter Chiloe sans remarquer ses églises de bois. Nombre d’entre elles sont d’ailleurs classées au patrimoine mondial. Nous trouvons un charmant taxi prêt à nous emmener visiter les principales églises aux environs de Chonchi (30 000 pesos pour 4 heures de balade, de Chonchi à Dalcahue). Huilinco, Vilupulli, Nercon, Llao-Llao, Rilan, Dalcahue.

Eglise chilote de Vilupulli

Des photos du village de Huillinco : ici, de Dalcahue : , et d’autres photos d’églises chilotes : .

A Dalcahue, nous nous régalons encore une fois de quelques produits de la mer à la cocineria municipal, avant de traverser pour l’île de Quinchao. Le bus nous dépose à Achao, village principal de l’île, 15 km plus loin, où nous trouvons une petite hospedaje toute simple et très agréable (5000 par personne, petit dej’ inclus). Le village possède lui aussi son église, récemment rénovée. Un petit musée présente quelques objets des peuples nomades qui vivaient ici avant. La digue et les bateaux de pêche invitent à la promenade face à la baie et aux îlots de l’archipel.

Des photos d’Achao : ici.

Mardi 22 février : Il fait tout gris et tout triste aujourd’hui, le beau temps si rare à Chiloe qui nous a pourtant gâté ces derniers jours, a filé. Nous abandonnons l’idée de nous rendre sur d’autres îles et poursuivons notre tour des églises en nous rendant à Quinchao, à une dizaine de kilomètres. Quinchao abrite la plus large des églises chilotes. Pas de bus, nous combinons marche à pied et stop.

Retour en stop

Mercredi 23 février : Le programme du jour n’est pas bien défini. Après avoir quitté l’île de Quinchao pour retourner à Dalcahue sur l’île principale, nous irions bien vers Tenaun et Quemchi, ville de naissance de Francisco Coloane, mais les transports sont rares voire absents. Il aurait été judicieux de louer une voiture quelques jours pour se laisser porter sur les chemins de l’île et être plus libres de nos mouvements. Si vous visitez Chiloe, c’est le principal conseil que nous formulons. Comme nous aimerions retourner à Puerto Montt ce soir pour des raisons logistiques, nous préférons renoncer. Ce sera Castro puis Ancud (pour un ultime curanto et un ultime saumon) puis Puerto Montt.

Retour sur le continent et plongeon dans la civilisation… le Mall, pour l’achat d’un nouveau netbook. Demain nous pourrons ainsi tout remettre en place avant de partir vers le sud en bateau vendredi. Le nouveau bébé est tout blanc et tout simple mais son espace de stockage est aussi important que le précédent (320 giga) et c’est bien là le principal. En ouvrant nos mails le soir même nous apprenons que le départ du cargo a été repoussé de 24 heures. Nous ne partons finalement que samedi… on aurait pu profiter d’une journée de plus de Chiloe. On a tourné carré de bout en bout aujourd’hui…

Jeudi 24 février : Nous confions nos bestioles à rams à Daniel un geek voyageur et foudingue. En fin de journée nous avons un ordi tout neuf et tout partitionné, et l’ancien disque dur transformé en disque externe. Ce fut long et épique mais drôle.

Vendredi 25 février : Cette journée en rab est pluvieuse. Vivement demain et notre départ tant attendu pour Puerto Natales sur le cargo-ferry de Navimag….

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Un commentaire pour Road Book n°21

  1. Polo dit :

    Bécots mes poussins ! We love U !

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