Road Book n°22

Samedi 26 février : En route pour le ferry Navimag et les fjords de Patagonie ! Comme à l’aéroport : 1) enregistrement des bagages, 2) attente interminable, 3) embarquement. Le bateau ne quittera le port de Puerto Montt que vers 19 heures soit six heures plus tard, après avoir chargé tous les véhicules, camions et autres marchandises. Notre bateau s’appelle Puerto Eden, 114 mètres, une centaine de passagers, européens pour la plupart…

Trajet du ferry Navimag

Le bateau est un peu moins grand et moins confortable paraît-il que l’Evangelista habituellement utilisé pour ce trajet, mais il est chouette quand même. Nous nous y sentons vite à l’aise aprèle repérage du parcours de passerelles qui mène de notre cabine aux ponts supérieurs.

En quittant Puerto Montt

Dès les premières heures nous sympathisons avec ce qui restera comme notre “groupe de frenchies Navimag” : Magali et Alix, Thomas et Aurélie, Alex mais aussi les bretons, Joelle et René-Marc, ainsi que Maguy et Daniel notre pêcheur à moustache.

Dimanche 27 février : Pendant la traversée des fjords de patagonie chilienne, coincés entre les Andes et le Pacifique, le capitaine nous autorise à entrer dans la cabine de pilotage. Un vrai luxe ! L’équipage est ravi de nous montrer les cartes, de nous expliquer les instruments et de parler vents et courants.

Au poste de pilotage

Maguy et Daniel nous convient à partager un saumon fumé par Daniel lui-même (qui l’a aussi pêché naturellement).

En bonne compagnie autour d'un saumon fumé

En fin de journée le bateau rejoint le Pacifique pour la portion remuante du voyage. La navigation se poursuit par le Golfe des Peines en fin de nuit avant de s’engager de nouveau, au petit matin, dans les fjords.

Lundi 28 février : Le temps est couvert depuis le début de la traversée. Les conditions risquant de se dégrader dans l’après midi, le commandant choisit de nous emmener observer le Glacier Ventisquero (le glacier Glacier…) à la place du glacier Pio XI, plus grand glacier d’Amérique du sud. Le ciel nous accorde une accalmie et quelques brefs rayons de soleil. Pour la plupart d’entre nous c’est la première rencontre avec un glacier. Le bateau s’avance sur les eaux gris clair. Seuls quelques canards-vapeur troublent le calme de la surface. Doucement l’imposante masse blanche et bleue sort de la brume. Nous retenons notre souffle. Les yeux s’écarquillent, les bouches s’arrondissent, des cris d’admiration jaillissent de ci de là. Le spectacle est à la hauteur des espérances. Quand le bateau fait demi tour, nous restons longtemps sur le pont supérieur à observer les nuages ravaler le glacier.

Le glacier Ventisquero

Dans l’après midi le bateau fait une brève escale à Puerto Eden située sur l’île Wellington. Quelques passagers descendent, d’autres montent à bord. Pas de digue pour le moment, elle est en construction, les transferts de passagers, de marchandises et de courriers se font par bateaux.

Puerto Eden

Soirée Bingo ! Le maître de cérémonie à ajouter une règle, chaque “bingo” doit s’acquitter d’une danse.

Le bingo de Magali et Alix

Mardi 1er mars : Pour le dernier jour à bord, le soleil s’est enfin décidé à sortir de sa cachette. Le bateau aborde la partie la plus étroite des canaux, l’angostura White, 80 petits mètres de large. Nous atteignons le port de Puerto Natales vers 13 heures.

Passera, passera pas ?

Notre petit groupe de frenchies se sépare. Nous filons vers la maison couchsurfing de Gloria et Oscar, où nous retrouvons Hannah et Antonia, deux jeunes allemandes rencontrées à bord du ferry. Alix, Magali et Alex ne sont pas loin…

D’autres photos des quatre jours sur le ferry Puerto Eden : ici.

Mercredi 2 mars : La journée, passée en grande partie avec Alix, Magali, Alex, Hannah et Antonia, est consacrée aux préparatifs en vue de la randonnée que nous projetons de faire dans le parc Torres del Paine.

Rue de Puerto Natales

Jeudi 3 mars : Préparatifs suite. Nos accolytes sont quant à eux partis ce matin pour la rando dite du “W” (5 jours). Demain ce sera notre tour, pour la boucle autour du parc (le “O” dans le jargon marketing du parc) qui devrait nous emmener pour une belle balade de 8 ou 9 jours.

Vendredi 4 mars : Rando Torres del Paine, J1. Le bus pour le parc quitte Puerto Natales à 8 heures. Après acquittement du droit d’entrée (15 000 pesos soit 23 euros), nous descendons du bus à Pudeto. De là, un bateau nous fait traverser le lac Pehoe (11 000 pesos, ou 19 000 l’aller-retour) jusqu’au campement de Paine Grande au pied de la branche gauche du W. Il est 12h30 quand nous arrivons et 13 heures quand nous commencons enfin à marcher. L’étape que nous avons prévue aujourd’hui est très courte, seulement 7,5 km, bien suffisant pour la mise en jambe et la prise de contact avec notre sac à dos et son chargement.

Lac Pehoe

Le temps semble avec nous, le soleil illumine les Cuernos bicolores. Tout cela s’annonce sous les meilleurs auspices ! Au campement Italiano (pied de la branche du milieu du W) notre devons retrouver notre petite bande de marcheurs partis hier qui ne devrait pas tarder à pointer le bout de ses chaussures… nous les attendons paisiblement au bord de la rivière qui descend du glacier.

Malgré l’affluence de fin de saison (j’ai compté plus de 60 tentes entre les arbres…) nous groupons toutes nos tentes et profitons d’une dernière soirée ensemble à la lueur des frontales. Nos routes se sépareront demain matin.

Samedi 5 mars : Rando Torres del Paine, J2. Très belle journée de marche jusqu’à l’Hosteria Torres, située au pied de la branche droite du W. 17 km, 6 heures 30. Nous longeons les lagunes vert émeraude du sud du parc. Nous buvons de l’eau fraîche, pure et claire à chaque ruisseau croisé, une petite joie toute simple, dans un paysage époustouflant. Un peu trop le nez en l’air sans doute je manque une pierre et finis en roulé-boulé-tortue-sur-le-dos-égratignure… (première foulure de cheville d’une longue série dans les semaines à venir)

5 mars, aujourd'hui c'est ma fête

Nous installons la tente pour 2 jours (4000 pesos par jour et par personne). L’endroit manque un peu de charme car la route arrive jusqu’ici mais nous ne sommes pas si mal, et il y a des douches chaudes !

Camping...

Dimanche 6 mars : J3. Pas de sac à dos aujourd’hui pour la montée le long de la branche droite du W qui mène jusqu’aux Torres. Une petite dizaine de kilomètres séparent notre camping de l’ultime montée qui mène aux tours donnant leur nom au parc. La zone est ventée mais le spectacle des trois tours pelées devant la lagune vert-de-gris nous retient une petite heure sous le ciel bleu.

Las Torres del Paine

Lundi 7 mars : J4. L’étape d’aujourd’hui nous emmène jusqu’au campement Seron (4000 pesos par personne), 9 km, 5 heures en trainant. Nous quittons ainsi la route fréquentée du W. Il semble que le grand beau temps des jours précédents soit en train de passer. Forêts d’arbres morts, étendues champêtres.

Herbes hautes

Mardi 8 mars : J5. De Seron à Dickson, 19 km, 6 heures 30. La pluie se met à tomber dès notre départ et nous accompagne sur la partie ascendante de la journée, soit une heure ou deux.

Pluie du mardi matin, entrain !

Une fois les nuages chassés, le glacier Dickson s’offre à la vue pendant que nous avançons sur de petits sentiers herbeux et traversons des ponts de bois. Le campement Dickson est très agréable (3500 pesos), si je traverse la rangée d’arbres derrière la tente j’aperçois le glacier à quelques kilomètres…

Mercredi 9 mars : J6. L’étape du jour n’étant pas trop longue, 9 km (4 heures), nous ne partons qu’après le déjeuner. C’est sous le bruine que nous quittons Dikson pour le campement Perros. La plupart de l’étape du jour se fait à couvert de forêt, nous protégeant relativement de la pluie. Sur la dernière partie nous arrivons au pied du petit glacier Los Perros et de son lac.

Le glacier Los Perros

Il fait assez froid. Le camp offre peu de répit tant il est boueux, humide et glacial (3500 pesos). La petite vingtaine de marcheurs réunie sous l’abri essaie tant bien que mal de se faire sécher autour du poele fumant, entre deux courants d’air. Nous nous réfugions rapidement dans la chaleur de nos duvets de plume.

Jeudi 10 mars : J7. Pas question de faire de vieux os au camping. Vite prêts, vite partis pour franchir le col John Gardner. La première partie du chemin est un enchevêtrement de racines et de branches sur un terrain boueux à souhait. A peine sortis de la forêt, la neige commence à tomber.

Neige sur le col

Le chemin n’est plus que pierres. Celles-ci se couvrent peu à peu de neige. Aux abords du col, c’est bel et bien une tempête de neige qui nous accompagne… Malgré quelques secondes (minutes ?) de doute quand à la suite à donner à cette progression, nous arrivons au col. Un drapeau et divers bibelots balayés à l’horizontal marquent le passage. Après quelques centaines de mètres de l’autre côté, passée la couche brumeuse, une mer blanche s’étend devant nous sur des kilomètres… le glacier Grey ! Il nous accompagnera deux jours durant.

Au dessus du glacier Grey

Après l’émerveillement de la glace le chemin s’enfonce de nouveau dans la forêt. Les articulations vont être mises à rude épreuve lors des heures suivantes car le chemin descend vertigineusement dans la boue. Malgré la fatigue nous poussons plus loin que le campement Paso (à 12 km de Perros) afin d’atteindre le campement Guardas (6 km plus loin) idéalement situé au pied là où chute le glacier Grey. Après une belle journée de 8 heures 30, un petit rhum face aux reflets bleutés est une belle récompense.

Vue du camping Guardas

Vendredi 11 mars : J8. Un dernier coup d’oeil au plus près du glacier puis nous refaisons notre paquetage pour la dernière fois de la rando. En route pour Paine Grande (15 km, 4 heures 30) d’où nous ramènera le bateau. Nous nous retournons fréquemment pour observer le glacier qui s’éloigne derrière nous. Le vent se lève et nous devançons de peu le front de pluie lorsque les eaux turquoises du lac Pehoe apparaissent face à nous. Contrairement aux premiers jours, les massifs montagneux du parc sont désormais masqués par les nuages et la neige. Nous retraversons le lac béats de bonheur.

Nuages sur les Cuernos

D’autres photos de la boucle de Torres del Paine : ici, et un texte intégralement dédié… bientôt.

Pendant ce temps là, au Japon, la terre a tremblé plus que jamais.

Samedi 12 mars : Nous quittons la maison couchsurfing de Gloria pour rejoindre l’hôtel Geminis (7000 pesos par personne la matrimoniale avec sdb privée) où nous nous refaisons une santé post rando ! Repos, douche, reconstruction, le tout couronné d’un excellent resto, El Asador Patagonico. Occasion immanquable de goûter le fameux cordero patagonico al palo (mouton de Patagonie au feu de bois).

Dimanche 13 mars : Bulle dans cet endroit propre, calme et bien chauffé.

Tag de Puerto Natales représentant les indiens Selk'nams lors de rites d'initiation

D’autres photos de Puerto Natales : ici.

Lundi 14 mars : Organisation de la suite du parcours avec notamment la réservation d’un autre trajet en ferry… demain matin, départ pour Ushuaia en Terre de Feu.

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6 commentaires pour Road Book n°22

  1. Polo dit :

    ‘Tain, c’est moche c’qui vous arrive et tout c’que vous voyez…

  2. Vanesha dit :

    J’adoooooooooooooore
    9 jours ce n’est pas rien tout de même; les petites randonnées en altitude semblent vous avoir mis en pleine forme !
    Les photos sont encore une fois magnifiques, d’ailleurs il faudra qu’Olivia me redonne des cours, je viens de m’acheter un presque vrai appareil photo

  3. Daniel et Maguy GAUCHET, les Bretons de Navimag dit :

    Bravo les Jeunes,
    Nous lisons avec joie vos aventures… Félicitations au rédacteur et au photographe. C’est super ! Et nous nous remémorons certaines images, tellement belles sous le soleil, mais tout aussi séduisantes avec le « vrai temps de là-bas »…
    Nous étions sur notre faim, car depuis qu’on s’est quitté à Puerto Natales, nous n’avions rien trouvé sur votre blog… Voilà, il faut laisser au temps le temps !
    Nous continuons la lecture…
    Mais où êtes-vous aujourd’hui (7 mai) ?
    Nous, depuis un mois, on est de retour, sous le soleil breton, SVP… l’esprit encore plein de rêves, de couleurs… Mais le saumon est fini… dommage !
    Grosses bises.
    Maguy et Daniel

    • olivialabas dit :

      Quel plaisir de vous lire ici ! on a un peu traîné dans l’écriture ces derniers temps c’est vrai. Le vent concentrait toute notre attention. Aujourd’hui, 12 mai, nous arrivons à Posadas dans la province argentine de Misiones, après un séjour de presque trois semaines à Buenos Aires et une semaine dans de merveilleux marais… à venir très bientôt sur le blog donc.
      A très bientôt ici là ou ailleurs. Un abrazo !

  4. Enfin ca bosse un peu et vous commencez a rattraper votre retard…

    Comme promis, maintenant que vous avez parle de Navimag et que vous avez meme mentionne la « regle » du Bingo, on se fait un plaisir de balancer la video de celui d’Antoine :

    En esperant que le lien fonctionne.

    On ne fait pas plus de commentaires y’aurait trop a dire, mais bravo pour votre tres beau blog et on espere avoir l’occasion de vous commenter tout ca autour d’un p’tit verre.

    Au plaisir

    • olivialabas dit :

      J’en connais un qui a tout de suite espéré que personne n’arriverait jusqu’aux commentaires de ce Road Book…
      Je ne pensais pas que vous aviez si bien immortalisé ce grand moment ! j’en ai encore pleuré de rire pendant 10 minutes. Merci !
      Sinon on compte sur vous pour nous faire rêver encore via le blog quand on sera rentré. Que les vaya bien !

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