Road Book n°23

Mardi 15 mars: Petit crochet par la Terre de Feu argentine avec l’immanquable étape à Ushuaïa (compagnie Pacheco, 34 000 pesos). De Puerto Natales à Ushuaïa, formalités de frontière et traversée du détroit de Magellan incluses, nous passons la journée entière dans le bus. Pâturages jalonnés de kilomètres de barrières, vaches, moutons, chevaux et guanacos à perte de vue.

Arrivée en Terre de Feu

D’autres photos de notre journée de bus en Terre de Feu : ici.

Enfin arrivés dans la “ville la plus australe du monde”, nous trouvons une chambre chez Roberto (Tienda El Fuegino, calle Gobernor Paz, 50 pesos argentins par personne, matrimonial, wifi, cuisine) avec vue sur le port. Une substantielle économie dans cette ville où tout est démesurément cher.

Une fenêtre sur Ushuaïa

Mercredi 16 mars: Découverte de la ville et promenade sur le port de plaisance le long du canal de Beagle. Il sépare la Terre de Feu argentine des îles chiliennes plus australes. Une trentaine de bateaux pas beaucoup plus, pour la plupart de moins de 10 mètres… mais où se cachent les voiliers tourdumondistes ?

Plaisance

Ushuaïa en été c’est un peu comme un village de montagne, l’environnement est chouette, mais dans les rues on sent qu’il manque la neige pour le charme.

Ushuaïa, fin du monde ?

D’autres photos d’Ushuaïa : ici.

Jeudi 17 mars: Le parc Tierra del Fuego est à une quinzaine de kilomètres de la ville et le temps est ensoleillé aujourd’hui. Nous y marchons toute la journée (transport aller-retour au parc : 70 pesos argentins soit 14 euros – sic ! c’est à 12 km ; entrée du parc 65 pesos) empruntant le sentier côtier jusqu’à la baie de Lapataia. La forêt de lengua commence à se parer de ses chaudes couleurs automnales. Des « toc-toc-toc » résonnent dans les bois, un trio de pics magellaniques (Woody Woodpecker ça réveille des souvenirs ?) chasse autour de nous.

Carpintero gigante (Pic magellanique), ici un mâle

À plusieurs reprises nous longeons des huttes et des barrages de castors. Ces rongeurs introduits en Terre de Feu il y une cinquantaine d’années n’ont depuis cessé de proliférer. La végétation patagonne n’étant pas la végétation canadienne, les dommages causés sont considérables.

Parc Tierra del Fuego

D’autres photos du parc Tierra del Fuego : ici.

Vendredi 18 mars : Sortie en bateau sur le canal de Beagle (Patagonia Adventure Explorer, 180 pesos par personne).

Le phare des Éclaireurs

Le phare des Éclaireurs délimite la zone de récifs des îles Bridge. Certains îlots abritent des colonies de lions de mer, d’autres de cormorans royaux.

Lions et cormorans, canal de Beagle

D’autre photos de la virée sur le canal de Beagle : ici.

Samedi 19 mars: Fin du crochet argentin dans le grand sud patagon pour cette fois. Nous traversons le canal de Beagle en zodiac pour atteindre l’île chilienne de Navarino (490 pesos soit 90 euros). Un peu plus au sud encore… Nous voilà de retour en Patagonie chilienne. Le zodiac nous dépose à Puerto Navarino, minuscule hameau, d’où nous rejoignons Puerto Williams après une soixantaine de kilomètres à travers l’envoûtante forêt côtière. Les îlots roussissent de la brûlure de l’automne quand plus loin, la neige des montagnes de la Terre de Feu scintille au soleil.

Débarquer à Puerto Navarino

Puerto Williams est la capitale de la commune de Cabo de Hornos (Cap Horn) et de la province de l’Antarctique chilien. On y compte 2 500 habitants, la majorité liée à la présence militaire et navale (Armada de Chile). Il y a aussi quelques pêcheurs de centolla (araignée de mer). Sur la place, peint en orange, l’Hostel Cabo de Hornos, (10 000 pesos par personne, matri, petit déj, sdb) nous offre un lit grand confort et un poêle pour nous réchauffer.

Dimanche 20 mars: À Puerto Williams les héritiers nomades des indiens de la mer, les Yamanas disparus, ont été sédentarisés. Les tensions entre l’Argentine et le Chili pour la revendication de ces îles du bout du monde dans les années 70, ont plus que freiné les déplacements entre les îles. Le village est une sorte de base du bout du monde. Alignement de baraques de bois et de tôles ou de pavillons flambant neufs. Des bûches pour le poêle s’entassent le long des murs, dans chaque jardin on trouve une grande bouteille de gaz. Pas de doute il fait froid par ici. Dans les rues les enfants se poursuivent sur des vélos trop grands. Nous recevons des saluts souriants.

Puerto Williams - rue pavillonnaire

J’ai retrouvé les voiliers qui n’étaient pas à Ushuaïa… ils sont dans le petit port de plaisance de ce côté-ci du canal. Un vieux bâtiment de commerce rouillé du nom de Micalvi fait office de ponton, de club nautique et de bar. Point de goéland dans les parages, les bernaches ou oies de Magellan sont les reines du bord de mer.

Le port Micalvi de Puerto Williams

Après avoir discuté avec Tim, photographe anglais présent à Puerto Williams depuis un mois, nous optons pour la rando des Dientes de Navarino plutôt que pour celle du Lago Windhond. La préparation du sac de rando n’a presque plus de secret pour nous.

Lundi 21 au vendredi 25 mars : Randonnée des Dientes de Navarino. 56 kilomètres seuls au monde. C’est par là : La rando du bout du bout du monde, très très bientôt…

Rando des Dientes... à suivre

Samedi 26 mars : Visite du musée du village retraçant les différentes étapes de peuplement de l’île (musée Martin Gusinde). Une partie très intéressante sur la culture des indiens Yamana. Dernières flâneries sous la lumière australe et définitivement attirante de Puerto Williams. Nous faisons la connaissance de Françoise, qui embarque comme nous ce soir sur le ferry pour Punta Arenas. Le départ est à minuit (Transbordador Austral Broom, 180 US$).

Embarquement nocturne

D’autres photos de Puerto Williams : ici.

Dimanche 27 mars : Le Bahia Azul, notre ferry, est une sorte de bac de traversée. Il embarque aujourd’hui une vingtaine de passagers, trois camions et quatre voitures. Le jour se lève sur  la Cordillera Darwin, le long du bras nord ouest du canal de Beagle. Les glaciers ont des noms de pays européens. L’Italia, l’Alemania, le Holandesa, le Francia.

Glacier de la cordillère Darwin

La navigation est des plus paisibles… et moi je suis malade.

Lundi 28 mars: Ayant retrouvé un semblant de vitalité je respire l’air glacial à pleins poumons, scrutant la mer du détroit de Magellan ou suivant des yeux le vol des albatros et des pétrels géants.

Dans le détroit de Magellan

D’autres photos de notre traversée des canaux de Beagle et de Magellan : ici.

Après 38 heures de navigation nous arrivons à Punta Arenas escortés par une bande de dauphins joueurs, il est 14 heures. Situé sur la péninsule de Brunswick, cette ville portuaire du détroit de Magellan est la plus peuplée de Patagonie (145 000 habitants).  Nous atterrissons au Backpacker’s Paradise (5 000 pesos chiliens, dortoir, wifi, cuisine).

Mardi 29 mars : Rapide découverte de la ville et de ses rues ventées. On est encore loin des williwaws mais on imagine un peu mieux la violence des rafales gelées qui doivent balayées le détroit en hiver.

Mercredi 30 mars: Le vent souffle tellement que notre sortie prévue à la rencontre des pingouins de l’île Magdalena est annulée (Solo Expediciones, 35 000 pesos). Croisons les doigts pour demain.

Punta Arenas - épave

D’autres photos de Punta Arenas : ici.

Jeudi 31 mars : Les conditions sont plus favorables aujourd’hui. Nous embarquons sur un grand zodiac rigide et couvert propulsé par plus de 500 chevaux.

Matin austral

A 25 miles de Punta Arenas, l’île Magdalena est un important lieu de reproduction des pingouins de Magellan (qui sont en fait des manchots). Plus de 50 000 couples viennent se reproduire ici de septembre à mars puis repartent plus au nord quand se termine la mue des petits. Le ciel a beau être dégagé et le vent moins fort qu’hier, la température est peu engageante. Le départ des pingouins vers des latitudes plus clémentes a déjà bien commencé. Bientôt il n’y aura plus personne.

Isla Magdalena

Deux bandes noires, 50 cm de haut et un adorable dandinement digne d’un enfant qui tente ses premiers pas. Notre petit pingouin est touchant et tout en déséquilibre !

Manchots de Magellan

D’autres photos des manchots de Magellan : ici.

Vendredi 1er avril : Location de voiture (Europcar, 37 000 pesos). Installés dans notre « Gol » blanche nous partons visiter librement les environs. La reconstitution du Fuerte Bulnes se dresse à 62 km au sud de Punta Arenas, sur la pointe santa Ana. Ce fort établit en 1843 a permis d’asseoir l’appartenance chilienne de la zone. La création de Punta Arenas résulte de la rudesse du climat à Fuerte Bulnes qui empêcha d’y installer une colonie humaine suffisamment importante et stable. A côté du Fuerte Bulnes, on trouve Puerto del Hambre, Port La Faim ou Port Famine en français…

Fuerte Bulnes

La route nous mène jusqu’à la Laguna Parrillar, puis à Villa Tehuelche et Rio Verde. La poussière vole derrière nous sur les pistes terreuses. Les moutons, les guanacos et les nandus (autruches) s’enfuient sur notre passage. Des kilomètres de barrières gardent attentivement des hectares de pampa et de forêt. Nous sommes au pays des estancias.

Road movie patagon

D’autres photos de notre bref road movie : ici.

Samedi 2 avril : Nous passons nos derniers jours au Chili. Mais avant de partir pour de bon nous profitons de la chaleureuse ambiance de notre « Paradise ». Le poêle ayant du mal à réchauffer les corps nous les aidons un peu en partageant une excellente bouteille de rhum débusquée à la zone franche de Punta Arenas (tu vois Nicolas que les rencontres éphémères ne se font pas seulement autour d’une casserole de pâtes !).

La zone franche… nous y avons passé l’après midi en quête d’un objectif Canon. Après quelques signes de faiblesse, le 28-85 nous a définitivement abandonné hier. Mais ce genre de chose ça ne se trouve pas facilement. Nous avons eu le choix entre un gigantesque téléobjectif ou… un appareil complet équivalent. Devinez.

Dimanche 3 avril : Refaire les sacs, le retour de la revanche.

Lundi 4 avril : Bye bye Chili. En ligne de mire, El Calafate en Argentine.

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6 commentaires pour Road Book n°23

  1. Nicolas dit :

    Vous avez retrouve du Matusalem Classico 10 ans d’âge ? (eh oui… j’ai pas oublie !)
    Je ne suis pas descendu si bas en Patagonie… a lire votre article et voir vos photos je regrette. Superbe !
    Nico
    PS : vous avez pas un peu de retard sur votre blog ? :) haha

    • olivialabas dit :

      Pas de Matusalem sur la route… du Malbec plutôt, c’est moins fort mais on y trouve une certaine finesse également.
      Ton récit de l’ascension du Villarica n’était pas sans m’évoquer des bribes de notre grimpette en haut du Cotopaxi. Hâte de savoir oú tu grimpes la prochaine fois…
      Dis, t’aurais pas un peu de retard toi ?? tu te fais vieux non ?!

  2. Séverine Marcou dit :

    Vous devriez songer à faire éditer vos photos à votre retour… elles sont magnifiques!!
    bisous à tous les 2

    • olivialabas dit :

      On fera fonctionner les imprimantes… je prévois une commande de 10 caisses de cartouches d’encre.
      Bes bises Séverine.

  3. Guillaume dit :

    Bravo à tous deux !
    J’apprécie toujours autant lire votre carnet de voyage et y voir de belles images.
    Abrazo fuerte.
    Guille.

    • olivialabas dit :

      Merci Guillerme ! et plus encore pour avoir mis Claudio sur notre trajectoire. A très vite. Besos.

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