A propos

1 boy, 1 girl, 2 backpacks, thousands of possibilities…

Une envie d’Equateur a rencontré une envie de Bolivie.

La fraîcheur de l’eau d’un torrent a croisé l’indolent balancement d’un hamac.

Deux années et quelques sacs à dos plus tard, nous voilà au seuil d’un continent.

De Quito à on ne sait où en passant par les Andes etc…

Si j’avais pu frotter la lampe d’un bon génie, je n’aurais formulé qu’un seul vœu, celui d’avoir plusieurs vies. Parce que choisir c’est un peu abandonner le reste, autant prendre des chemins de traverse.

Trêve de plaisanterie. J’ai toujours aimé me promener, voir les couleurs de l’ailleurs. Cinq semaines de vacances par an, c’est bien, très bien même si l’on regarde un peu partout autour de nous sur cette planète. Mais j’ai depuis longtemps envie de prendre le temps, vraiment, un luxe. Savoir ce que ça fait de pouvoir explorer, rencontrer sans se dire que le timing est serré. Explorer l’ailleurs et s’explorer soi aussi. Voir si le regard change, si les lignes bougent, si le temps s’écoule autrement.

Et puis il y a eu Antoine. Je me souviens de cette discussion adossés dans une cuisine parisienne, il y a plus de 3 ans et demi maintenant. Cette même envie de prendre le temps, ce même continent qui pour d’obscures raisons voire une intime fixation, appelle. Un an plus tard, l’évidence emplit le petit appartement des pentes de la Croix-Rousse. Le vert crie qu’il est tant de partir, ensemble.

Le choix n’est pas long à faire…. Un tour du monde ? non, hors de question de courir après des avions tous les mois. Un continent ? oui. Lequel ? Facile !

Olivia, novembre 2010.

Des noms sortis de nulle-part dans un imaginaire de gosse. Equateur, au jeu de « Ce pays, quelle capitale? » Quito, une réponse qui s’incruste.  Qui ressurgit quelques années plus tard devant les photos de vacances d’un pote. Puis l’actualité s’en mêle, Un départ envisagé, avant une embauche surprise. Il est bien difficile parfois de se sentir à l’aise. Neuf années passées comme un coup de vent à apprendre et pratiquer un métier de journaliste en Picardie, avec l’envie du large en dedans. Un réveil durant le petit été de mars 2008, en Guyane. Quinze jours comme une grande respiration. Un regard neuf sur un rêve enfoui. Du concret. Le contraste et le bruit d’une forêt tropicale, la couleur des oiseaux, le spectacle d’une ponte de tortue, celui de loutres s’égayant dans la rivière, d’un paresseux traversant une route, le vert d’un serpent liane…

Et un drôle de Scha. Olivia, partenaire in(espérée). Mêmes envies, mêmes causes et mêmes effets. Un projet est né.

C’est dit. Partons. La machine est en route. Coups du sort, un rachat d’entreprise ; la perte d’un statut et une clause de conscience qui porte bien son nom.

Si en plus on nous balise la route, avançons.

Antoine, mai 2010.

Dimanche de Noël, 1927, Paris.

Voilà deux ans qu’il a commencé, ce voyage. On m’avait dit :  » je t’emmènerai. » Deux ans, une sorte de constipation et maintenant, c’est pour mardi matin. Je suis soumis toute la journée à une sorte de projection à distance. On cherche mon regard. Quel effort il me faut pour revenir à moi, et combien « impur » ce retour, comme quand on cède à une image de sexe dans la prière.

(…)

Je n’ai écrit que ce peu qui précède et déjà je tue ce voyage. Je le croyais si grand. Non, il fera des pages, c’est tout.

Henri Michaux, Ecuador